Le secteur industriel fait pression: ‘L’activité des centrales nucléaires doit être prolongée’

Isopix

Les prix de l’énergie pour les entreprises industrielles ont un peu baissé (de 5 à 7%) par rapport à l’an dernier, mais le handicap par rapport aux pays voisins reste considérable, ressort-il de l’étude comparative annuelle de Deloitte pour Febeliec.

La fédération belge des consommateurs industriels d’énergie plaide pour l’application rapide d’une norme énergétique et aussi pour la prolongation des activités de trois centrales nucléaires, idéalement pour 20 ans.

En 2020, les entreprises industrielles paient entre 8 et 29% plus cher leur électricité par rapport à la moyenne constatée en France, Allemagne et aux Pays-Bas, selon l’étude présentée mercredi en conférence de presse virtuelle.

Une entreprise qui consomme 100 GWh annuels paie en Flandre 700.000 euros de plus que la moyenne des pays étudiés tandis qu’une entreprise en Wallonie paiera 1,6 million d’euros de plus que des entreprises des pays voisins ayant le même profil de consommation. Pour une société qui consomme 1.000 GWh, la différence avec la moyenne des quatre pays européens peut atteindre 3,5 millions d’euros en Flandre et 5,6 millions en Wallonie.

Bien que les prix de base ont légèrement baissé, le handicap reste donc très important. En cause ? Des taxes « considérablement plus élevées », rapporte Febeliec, et singulièrement en Wallonie.

Les tarifs de réseau sont également toujours plus conséquents que chez nos voisins. L’ajustement des prix de base s’est, entre autres, fait « grâce à la confiance accrue des acteurs de marché en la disponibilité des centrales nucléaires », affirme la fédération.

Moment décisif

Elle plaide dès lors pour « des décisions claires et rapides » concernant la sortie du nucléaire et veut « l’extension de durée de vie de trois centrales (a priori Doel 4, Tihange 3 et Tihange 1) « si possible pour 20 ans », arguant que le mécanisme de rémunération de capacité (CRM) arrivera trop tard pour rassurer les marchés.

« Nous sommes à un moment décisif », ajoute le président Luc Sterckx. Alors que l’on avance vers un déconfinement progressif, et une relance de l’économie, il est essentiel « de rendre l’industrie belge compétitive », alarme-t-il. « Il faut l’application rapide de la norme énergétique » tant promise par les autorités, car on ne fera pas une politique climatique sur le cimetière de l’industrie, conclut-il.

Pour rappel, il existe une base légale pour la sortie du nucléaire en 2025 en Belgique. Cette décision politique ne fait toutefois pas consensus. Pour l’heure, les permis d(‘exploitation exspirent à ces dates:

  • Doel 1 :    15 février 2025
  • Doel 2 :    1er décembre 2025
  • Doel 3 :    1er octobre 2022
  • Doel 4 :    1er juillet 2025
  • Tihange 1 :    1er octobre 2025
  • Tihange 2 :    1er février 2023
  • Tihange 3 :    1er septembre 2025