En Russie, les élections législatives « les moins libres de ces 20 dernières années » commencent

De vendredi à dimanche, 108 millions de Russes éliront les 450 membres de la Douma, le parlement russe. Les observateurs s’attendent à ce que le président Poutine voie ses pouvoirs encore renforcés.

Niveau de vie en recul depuis 2013, hausse des prix, mauvaise gestion de la crise du Covid, les points noirs sont nombreux pour la politique de Poutine et de son parti, qui bénéficie d’un taux de confiance historiquement bas à 27%. Pourtant, les experts ne s’attendent pas à ce que la Russie unie soit punie dans les urnes.

La faute, premièrement, à un système électoral : un scrutin majoritaire sur un tour pour des candidats élus sur une liste (pour la moitié), ce qui avantage le premier parti. Ensuite, « aux sultanats locaux » qui donnent un poids disproportionné à certaines circonscriptions comme la Tchétchénie, par exemple, acquise à Poutine et son parti. Rappelons que la Russie unie bénéficie de la majorité des deux tiers (334 sièges sur 450).

Selon Andrius Tursa, conseiller pour l’Europe centrale et orientale chez Teneo Intelligence, il s’agit des élections « les moins libres et équitables de ces 20 dernières années ». Des candidatures sont bloquées en amont tandis que les fraudes sont toujours monnaie courante dans certaines circonscriptions. Il est en effet plus difficile de frauder à Moscou – zone rebelle – qu’en Sibérie profonde, pro-Poutine.

Plus étonnant: de nombreux jeunes sont acquis à la cause de président russe. Des jeunes qui n’ont pas connu l’époque soviétique mais qui ont grandi dans un environnement très nationaliste.

2024

Les opposants sont eux réduits au silence. La mouvance qu’avait provoquée l’arrestation de Navalny est petit à petit démantelée. Trois associations politiques ont été interdites et qualifiées « d’extrémistes ». Concrètement chaque soutien à Navalny se voit encourir des peines de prison ou interdire de se porter candidat.

Presse muselée, partis d’opposition factices et limités aux villes… selon Tursa, « la Douma restera fortement favorable au Kremlin ». Un soutien fort du parlement russe facilitera de manière pratique et symbolique les élections présidentielles de 2024.

Rien de neuf sous le soleil russe.

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