En Allemagne, 500 milliards de dollars sont nécessaires pour moderniser l’infrastructure

Une Porsche sur une autoiroute en travaux en Allemagne
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Après des années de quasi-abandon, l’infrastructure de l’Allemagne nécessiterait 500 milliards de dollars d’investissements pour sa modernisation. C’est l’évaluation qui a été faite dans une étude commandée par la Confédération allemande des syndicats (DGB) et la Fédération de l’Industrie allemande (BDI).

Des données de la Commission Européenne montrent que nos voisins de l’Est se classent dans les 5 derniers en termes de fourniture de services publics numériques. Ils figurent aussi parmi les pays d’Europe les moins bien équipés en réseau 4G. Un rapport publié en juin par Opensignal, une société d’analyse du secteur de la téléphonie mobile, indique que des millions d’Allemands qui résident dans des zones rurales n’y ont pas accès parfois jusqu’à la moitié du temps. 

Les entreprises se plaignent également des tracasseries administratives qui entravent la construction de nouvelles routes, ou l’installation de nouvelles éoliennes. 

5 ans d’excédent budgétaire

Ces doléances sont d’autant plus amères que le pays s’est targué d’enregistrer un d’excédent budgétaire de 45,3 milliards d’euros, soit 2,7 % du PIB, à la fin du premier semestre de cette année. C’est la cinquième année consécutive qu’il parvient à cette prouesse. Simultanément, de nombreuses voix se sont jointes pour que le pays délie les cordons de sa bourse, alors qu’une récession menaçait. Finalement, il y a échappé de peu, mais il semble que les appels pour une politique de relance soient maintenant redoublés.

Selon Michael Huether, directeur de l’Institut de l’économie allemande (Institut der deutschen Wirtschaft, IW), il est temps que l’Allemagne remette les investissements au premier plan, pour insuffler de la croissance mais aussi pour être à la hauteur de ses responsabilités au sein de l’Europe. 

L’Allemagne doit contourner ses règles fiscales

Le think tank, qui a participé à cette étude, recommande de mettre en place une  entité quasi-publique autonome, capable de lever seule des capitaux pour rassembler les fonds nécessaires pour effectuer ces investissements. De cette manière, elle contournerait le problème des limites sacro-saintes en Allemagne en matière de dépenses publiques. 

“Le fait que nous nous soyons réunis, que nous ayons été poussés par l’inquiétude face au manque d’investissements et que nous ayons demandé à nos instituts économiques d’appuyer cela scientifiquement, montre qu’il s’agit d’une réelle préoccupation”, a commenté Dieter Kempf, qui dirige la puissante BDI.