Principaux renseignements
- L’économie russe ralentit considérablement, avec une croissance proche de zéro ces derniers mois.
- Les experts prévoient une nouvelle décélération et avertissent que le pays pourrait être au bord de la récession.
- Des personnalités de premier plan plaident en faveur d’une réduction plus agressive des taux d’intérêt afin de stimuler l’activité économique.
La croissance économique de la Russie s’est considérablement ralentie, suscitant l’inquiétude de personnalités financières de premier plan. German Gref, PDG de la Sberbank, a qualifié le deuxième trimestre 2025 de période de « stagnation technique », avec une croissance du PIB à peine perceptible. Les données de juillet et d’août suggèrent que l’expansion économique est proche de zéro, rapporte Interfax.
Ce ralentissement met en évidence les limites de l’économie russe en temps de guerre, qui a été soutenue par des dépenses de défense record, mais entravée par la faible demande des consommateurs et la baisse des investissements civils. Si la croissance du PIB au deuxième trimestre a atteint 1,8 pour cent, soit une légère amélioration par rapport au premier trimestre (1,4 pour cent), elle est loin de la croissance robuste enregistrée en 2024. La Banque centrale prévoit une nouvelle décélération au troisième trimestre, avec une croissance potentiellement proche de zéro à la fin de 2025.
FMI revoit à la baisse les prévisions de croissance de la Russie
Le Fonds monétaire international (FMI) a considérablement révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la Russie en 2025, passant de 4,3 pour cent un an auparavant à 0,9 pour cent, la plus forte baisse parmi les grandes économies. German Gref estime que la réduction du taux directeur de la Banque centrale de 18 pour cent à 14 pour cent d’ici la fin de l’année ne suffira pas à relancer l’activité économique. Il suggère qu’un taux de 12 pour cent ou moins serait nécessaire pour une reprise économique significative, a-t-il déclaré dans une interview accordée à TASS.
Ces avertissements font écho aux préoccupations exprimées précédemment par de hauts fonctionnaires. Le directeur de la Banque centrale, Elvira Nabiullina, a déclaré en juin que la Russie avait atteint sa « limite de capacité », tandis que le ministre de l’économie, Maxim Reshetnikov, a averti que le pays était « au bord de la récession ». La politologue Ekaterina Schulmann observe que le système autoritaire russe accorde aux technocrates de haut rang une certaine marge de manœuvre pour exprimer des préoccupations économiques, mais seulement dans un cadre limité.
Appel à l’action décisive
Gref a souligné qu’il était urgent de s’attaquer au ralentissement économique actuel, avertissant qu’une stagnation prolongée pourrait avoir des conséquences plus graves à terme. Il a exprimé l’espoir que la Banque centrale prenne des mesures décisives pour éviter une récession. (uv)
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