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Douches plus courtes, éclairage réduit, chauffage baissé : en Allemagne, le rationnement de l’énergie est déjà une réalité

Douches plus courtes, éclairage réduit, chauffage baissé : en Allemagne, le rationnement de l’énergie est déjà une réalité
Olaf Scholz (C), Robert Habeck (G) & Christian Lindner (D) – JOHN MACDOUGALL/AFP via Getty Images

Si la crise énergétique est une réalité pour beaucoup, en Allemagne, elle affecte désormais le quotidien. Les appels à moins consommer sont lancés et écoutés. L’objectif n’est nul autre que de passer le prochain hiver au chaud.

De tous les pays d’Europe occidentale, l’Allemagne est celui qui dépend le plus du gaz russe avec l’Italie. Le gazoduc qui relie nos voisins à la Russie – Nord Stream 1 – a déjà baissé 60% de ses capacités « pour des raisons techniques », c’est du moins ce qui est avancé par Moscou.

Pire, la Russie a prévu des travaux de maintenance pour dix jours, entre le 11 et le 21 juillet. Berlin craint très sérieusement que le gazoduc ne soit jamais redémarré. L’Allemagne est sur le qui-vive depuis un certain temps et a enclenché récemment la 2e phase d’alerte sur 3, le niveau 3 donnant la possibilité à l’État de rationner les entreprises et les particuliers (ce qu’elle veut éviter à tout prix) en énergie.

Mais dans la réalité, les Allemands ont déjà commencé à se priver pour économiser les réserves de gaz. L’objectif de l’Allemagne comme des autres pays européens est de remplir les réserves stratégiques entre 80 et 90% pour garantir un hiver au chaud. Selon le consultant britannique Woodmac, avec les « pannes » intempestives de Nord Stream 1, les réserves ne pourront être remplies qu’à hauteur de 60% au niveau européen d’ici l’automne. Si la Russie venait à couper complètement son gaz, on pourrait avoir épuisé ces réserves dès la fin janvier.

Les mesures de rationnement

« La situation est plus que dramatique », a déclaré Axel Gedaschko, chef de la fédération des entreprises de logement allemandes, cité par le Financial Times. « La paix sociale de l’Allemagne est en grand danger ».

Beaucoup préfèrent anticiper. Les municipalités éteignent davantage l’éclairage nocturne et coupent l’eau chaude dans les bâtiments municipaux, les musées et les centres sportifs. Les propriétaires résidentiels baissent le chauffage la nuit quand il est nécessaire. Un vaste organisme de logements résidentiels dans l’est du pays a même rationné l’eau chaude, disponible entre 4 heures et 8 heures du matin, et puis entre 11 heures et 13 heures.

Les particuliers veillent à prendre des douches plus courtes, c’est en tout cas l’appel lancé par le ministre de l’Économie, Robert Habeck. D’autres s’engagent à réduire la température de leur piscine. Il en va de même pour de nombreuses piscines municipales.

Éviter la faillite collective

Preuve qu’une partie de ces mesures sont globalement respectées, les importateurs de gaz risquent la faillite. Une nouvelle législation est d’ailleurs en cours d’adoption au Bundestag (Parlement) et vise à lever une nouvelle taxe sur la consommation d’énergie pour mieux répartir la montée des prix et sauver un secteur en grande difficulté. La crainte du gouvernement est de voir tout un secteur s’effondrer, avec le risque d’un effet domino sur d’autres pans de l’économie allemande. Uniper, le plus grand importateur de carburant russe en Allemagne, est déjà en pourparlers avec les autorités pour un renflouement qui pourrait atteindre 9 milliards d’euros.

En Allemagne, la hausse des prix suite au conflit en Ukraine est comprise entre 71 et 200%. L’augmentation annuelle par personne est de l’ordre 1.000 à 2.700 euros. Pour un ménage de 4 personnes, la facture peut grimper jusqu’à 3.800 euros par rapport aux chiffres de 2021.

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