« Devenons une République » : après la mort d’Élisabeth II, certains leaders politiques ne perdent pas une minute

Ce jeudi, la reine Élisabeth II est décédée, après avoir occupé le trône du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth pendant 70 ans. Dans les minutes qui ont suivi l’annonce de Buckingham Palace, les hommages se sont multipliés partout dans le monde. En Australie, ils ont parfois été accompagnés de revendications républicaines.

La reine est morte, vive la république. C’est, en substance, comment ont réagi certaines figures politiques australiennes suite au décès d’Élisabeth II.

C’est notamment le cas du leader des Verts, Adam Bandt. Moins d’une heure après l’annonce, il s’est empressé de saluer sa mémoire sur Twitter. « Repose en paix Reine Élisabeth II. Nos pensées vont à sa famille et à tous ceux qui l’aimaient », a déclaré le représentant, s’alignant sur ses homologues. Avant de lancer, dans le même message, une revendication claire. « L’Australie doit maintenant aller de l’avant. Nous avons besoin d’un traité avec les peuples des Premières nations, et nous devons devenir une République. »

Toujours du côté des Verts, certains collègues ont eu encore moins de tact. « Condoléances à ceux qui connaissaient la Reine. Je ne peux pas pleurer le leader d’un empire raciste construit sur les vies, les terres et les richesses volées des peuples colonisés. Cela nous rappelle l’urgence d’un traité avec les Premières Nations, de la justice et des réparations pour les colonies britanniques et de devenir une république », a tweeté la sénatrice et leader adjointe des Verts Mehreen Faruqi.

On notera que l’Australian Republic Movement (ARM) n’en a quant à lui pas profité pour faire valoir ses revendications. « L’Australian Republic Movement reconnaît et respecte l’importante contribution apportée par la Reine Élisabeth II pendant plus de sept décennies en tant que chef d’État de l’Australie et de 14 autres nations, et exprime ses condoléances à la famille royale », a publié l’organisation sur son compte Twitter.

Dans un communiqué, l’ARM a rappelé que la reine avait « respecté l’autodétermination du peuple australien », notamment via l’adoption de la Loi sur l’Australie de 1986, « éliminant la plupart des possibilités restantes d’ingérence du Royaume-Uni dans le gouvernement australien ».

« La Reine a soutenu le droit des Australiens à devenir une nation totalement indépendante lors du référendum sur la république australienne en 1999, en déclarant qu’elle a ‘toujours affirmé clairement que l’avenir de la monarchie en Australie est une question qui doit être décidée par le peuple australien et lui seul, par des moyens démocratiques et constitutionnels' », a ajouté l’ARM.

« Sous son règne, l’Australie est devenue une nation mature et indépendante. Il est peu probable que nous revoyions un jour un monarque aussi respecté et admiré par le peuple australien », a ajouté le président de l’organisation, Peter FitzSimons.

Les Libéraux offusqués

Les commentaires des Verts n’ont pas du tout plu à d’autres responsables politiques australiens.

« Non », a simplement répondu à Adam Bandt le sénateur libéral Matt Canavan.

« Vraiment sans grâce et dépourvu de décence commune pour faire cela aujourd’hui. Ignorant les sentiments aujourd’hui de centaines de millions d’êtres humains, dans le monde entier. Ce n’est pas nécessaire », a réagi l’ancien ministre de l’Immigration, le libéral Alex Hawke.

Qu’en pense le Premier ministre ?

Et le Premier ministre – qui, soulignons-le, est un partisan de longue date d’une république australienne – dans tout ça ? Il a simplement demandé à faire montre de retenue.

« Aujourd’hui n’est pas un jour pour la politique », a-t-il déclaré Anthony Albanese à Radio National. « Aujourd’hui, c’est un jour pour rendre hommage au service de la reine Élisabeth en tant que notre chef d’État pendant ces 70 ans et pour rendre grâce à son dévouement et à sa contribution à l’Australie ». « Je considère la Reine comme quelqu’un qui mérite le respect de chaque Australien. »

Quoi qu’il en soit, il apparaît de plus en plus probable que la question arrivera sur la table une fois le soufflé retombé. Les Travaillistes, qui ont remporté les élections et succédé aux Libéraux au printemps dernier, avaient déjà annoncé qu’ils organiseraient un référendum sur une république s’ils étaient élus pour un second mandat, rappelle le Guardian. En attendant, Albanese s’est déjà doté d’un « ministre délégué pour la République », en la personne de Matt Thistlethwaite.

Et bien que l’Australian Monarchist League ait appelé à « un certain degré de civilité et de respect », elle a elle-même reconnu que le sujet fera bien l’objet d’une discussion suite à la mort d’Élisabeth II.

Lors du référendum de 1999, une courte majorité d’Australiens (54,87%) s’étaient prononcés contre la création d’une république.

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