Désormais, la Grèce se fait payer pour l’argent qu’elle emprunte

Le drapeau grec et le drapeau de l'UE flottent devant le Parthénon couvert d'échaffaudages, sur la colline de l'Acropole à Athènes, en Grèce
EPA-EFE/SIMELA PANTZARTZI

Pour la première fois de son histoire, la Grèce a pu emprunter de l’argent avec un taux d’intérêt négatif au début du mois d’octobre. Pourtant, le pays dont l’économie s’est contractée de près d’un quart lors de la crise financière, demeure le plus endetté de la zone euro.

Un communiqué de l’Autorité de gestion de la dette publique du pays a indiqué qu’au cours d’une émission d’obligations souveraines à trois mois, le pays était parvenu à lever 487,5 millions d’euros à un taux de -0,02 %.

Les offres ont atteint 1,015 milliards d’euros, et ont donc été 2,71 fois plus élevées que le montant demandé, témoin de la confiance des investisseurs dans la reprise grecque.

Selon les analystes et les dirigeants du pays, il s’agit d’un nouveau signal qui montre que la Grèce a retrouvé une certaine crédibilité sur les marchés internationaux. Un peu plus tôt, le pays avait émis des obligations souveraines à 10 ans, à un taux de rendement de 1,5 %. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis avait alors rappelé qu’il s’agissait d’un ‘niveau historiquement bas’.

La Grèce rejoint « le club des taux d’intérêt négatifs »

‘La Grèce, l’ancien paria du marché obligataire au cœur de la crise de la dette souveraine en Europe, achève un périple transformateur en rejoignant le club des taux d’intérêts négatifs de la région’, salue Bloomberg. ‘Il s’agit d’un revirement spectaculaire pour le membre le plus endetté de la zone euro,  un pays qui a été obligé d’accepter la plus grande restructuration de prêts de l’histoire en mars 2012, lorsque l’adhésion de la Grèce au bloc monétaire avait été remise en cause’, ajoute le site financier américain.

La Grèce se targue ainsi de partager le privilège de nations comme l’Allemagne, mais aussi l’Espagne, la France, ou même l’Italie, qui est entrée dans ce club au mois de juillet. Cette dernière est pourtant qualifiée par les analystes de ‘menace permanente pour la zone euro’.