Dernier jour pour Uber en Californie ? Un procès important pour l’Europe aussi

Isopix

Ce jeudi 20 mars pourrait être le dernier jour pour Uber et Lyft en Californie. La justice considère que leurs travailleurs doivent être considérés comme des employés et non comme des freelances.

La décision a été remise le 10 août et la justice a donné 10 jours aux deux entreprises concernées pour faire appel. Si aujourd’hui, ni Uber ni Lyft ne propose leur dossier d’appel, elles devront se conformer à la loi ou fermer.

Uber n’a pas l’intention de requalifier ses travailleurs en employés. Ils sont toujours sous statut indépendant. Cela permet de faire d’énormes économies sur leurs salaires et sur les taxes imposées aux employeurs.

La firme a déjà envoyé une notification push à tous les conducteurs pour leur dire que les activités pourraient prendre fin ce vendredi. Il ne s’agit toutefois que d’Uber California. Le service sera toujours disponible ailleurs dans le monde.

Qu’en est-il en Europe ?

Un débat sur les services de livraison fait également rage en Europe. Les entreprises comme Uber Eat, Just Eat Takeaway ou Deliveroo fonctionnent toutes selon le même principe. Certaines compagnies de transport de passagers travaillent aussi avec des indépendants. Ces entreprises surfent sur la limite de la légalité. Uber a même été interdit dans plusieurs pays pour cette raison. La décision de la justice californienne pourrait faire écho de notre côté de l’océan Atlantique.

Jitse Groen, CEO de Just Eat Takeaway, a d’ailleurs pris les devants et a annoncé la semaine dernière que les travailleurs auront bientôt un statut d’employé. De cette manière, ils seront assurés et bénéficieront de nombreux avantages légaux. Il y a peu de chance que Jitse Groen le fasse pour des raisons humanitaires. Le secteur subit plutôt d’importantes pressions politiques pour changer de logique économique. Les entreprises ont donc le choix : soit se ranger dès maintenant, soit attendre que la justice les condamne. Cette seconde option pourrait coûter très chère et Groen le sait.

En outre, la crise du coronavirus a aussi touché de plein fouet les sociétés de ‘taxi’. Les résultats du premier trimestre d’Uber sont catastrophiques. Seul UberEats a réussi à se maintenir à flot, mais il s’agit de toute manière d’une branche de l’entreprise très rentable. Tout comme en Californie, les autorités européennes pourraient profiter des difficultés de ces entreprises pour les faire plier.