Démissions en chaine et réunions en urgence : c’est la débandade dans le gouvernement français

La Première ministre française Elisabeth Borne a remis sa décision au président ce mardi matin. Un geste protocolaire attendu, au lendemain d’élections législatives. Mais ce qui l’était moins, c’est qu’Emmanuel Macron l’a refusée, « afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours » annonce BFM TV, qui cite l’Élysée.

Celle-ci va donc réunir l’ensemble du gouvernement à Matignon en début d’après-midi, alors qu’une vague de démissions est attendue parmi les ministres en place. C’est déjà certain pour les vaincus de l’élection législative, comme la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires Amélie de Montchalin, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, et la secrétaire d’État à la mer Justine Bénin, pour qui la question ne se pose pas, annonce Le Monde, citant l’entourage de la Première ministre. Il n’est pas exclu que d’autres noms s’ajoutent à cette liste, alors que le conseil des ministres prévu pour aujourd’hui a été annulé pour céder la place à cette réunion gouvernementale d’exception et, on peut le dire, de crise.

Agenda politique chargé

Mais ça ne sera pas la fin de la journée pour Emmanuel Macron, qui se retrouve face à un agenda des plus chargés. Celui-ci va mener une série d’entretiens avec les chefs des différents partis et coalitions qui se sont présentés à l’élection, et qui devrait se prolonger au moins jusqu’à ce mercredi, le chef de l’État allant mener « les consultations politiques nécessaires (…) afin d’identifier les solutions constructives envisageables au service des Français » selon la présidence.

L’enjeu en est clair : obtenir un accord qui permettrait au président et à sa coalition Ensemble! de gouverner sans se retrouver paralysée par une opposition des plus fortes, à gauche, mais aussi à l’extrême droite. À supposer que le président Macron ne traite pas avec Marine Le Pen, ce qui serait une trahison flagrante de pour tout ce qu’il disait incarner avant le scrutin et durant les présidentielles, alors le rôle du parti de droite Les Républicains sera sans doute essentiel. Avec 61 sièges à l’Assemblée nationale, et les 245 du parti présidentiel, une majorité se dégagerait. Mais ce n’est pas si simple, car les inimitiés sont fortes, à la fois entre les deux courants et au sein même de chacun d’eux.

Ça se chamaille déjà à gauche

Quant à un accord avec la gauche, il ne semble guère à l’ordre du jour. La Nupes, aura au moins 150 représentants dans l’hémicycle, mais les premières fractures sont apparues avec le refus par le Parti socialiste, EELV et le PCF de la proposition de Jean-Luc Mélenchon de former un groupe unique, relève Le Parisien.

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