Des coursiers salariés ? Deliveroo ne comprend pas le ministre Dermagne (PS) : « C’est un débat purement idéologique, ce n’est pas la réalité du terrain »

La Vivaldi discute réforme du marché du travail cette semaine. Dans le coeur de cible du ministre en charge du dossier, Pierre-Yves Dermagne (PS), l’économie de plateforme plus que l’e-commerce, qui a fait la une de l’actualité ces derniers jours. Pour le porte-parole de Deliveroo, Rodolphe Van Nuffel, les socialistes se trompent de combat: « Une immense majorité de coursiers se satisfont pleinement de leur indépendance ».

C’est un débat qui ne date pas d’hier. Les coursiers de Deliveroo ou d’Uber Eats doivent-ils être considérés comme des salariés, avec les avantages sociaux qui vont de pair ? Sont-ils de faux indépendants ?

Pour Rodophe Van Nuffel, ce combat du ministre ne représente pas du tout la réalité du terrain. « Les coursiers veulent travailler quand ils le souhaitent. Ils recherchent de la flexibilité. 40% de nos coursiers partiraient s’ils devaient du jour au lendemain être considérés comme des salariés ».

Arguments

  • Deliveroo ne comprend pas trop l’attitude du gouvernement. Sachant que le dernier jugement en date du tribunal du travail de Bruxelles lui a donné raison en décembre dernier. Le tribunal a établi qu’il n’y avait pas de lien de subordination entre les coursiers et Deliveroo, et donc pas de relation de contrat de travail présumé.
  • « Nos coursiers choisissent quand ils veulent travailler en activant leur application. C’est de leur propre choix », argumente le porte-parole de Deliveroo. Le gouvernement voudrait instaurer une présomption de salariat sur base de la géolocalisation. Cette technologie sert à savoir quand le restaurateur peut plonger les frites dans la friteuse, pas à surveiller nos coursiers ».
  • En outre, « le Conseil national du travail travaille encore à un avis », ajoute Van Nuffel qui affirme que le ministre Dermagne ne les a jamais rencontrés. Le plan du ministre était déjà prêt dès le mois de décembre alors qu’une consultation publique est elle aussi toujours en cours, à laquelle coursiers et citoyens peuvent donner leur avis. Elle n’a rendu encore aucun rapport. »
  • Des discussions au niveau européen doivent encore commencer.
  • Une pétition qui a récolté la signature de 550 coursiers en 5 jours demande au gouvernement de ne pas toucher à leur statut de travail.

« Le salariat n’est pas la réponse que les coursiers attendent. Un employé a des obligations en termes d’horaires, de disponibilité et d’exclusivité, ils ne veulent pas de ce statut ».

Statut d’économie collaborative

Plus de 75% des coursiers optent en fait pour le statut d’économie collaborative qui est très peu imposé et sans cotisations sociales. Le statut d’indépendant n’a pas ces avantages. Si en décembre dernier, le tribunal a bien donné raison à Deliveroo, le jugement dit néanmoins que les coursiers doivent être considérés comme indépendants, ce qui mettrait fin à ce statut privilégié. Ce n’est toutefois pas l’interprétation de Deliveroo qui affirme que dans les faits, ses coursiers sont toujours autorisés à utiliser ce statut d’économie collaborative.

Deliveroo a-t-il peur que le gouvernement ne s’insère dans cette brèche ? Outre la réforme du marché du travail, on sait que la Vivaldi veut sabrer dans les niches fiscales. Dans un tel cas de figure, la rémunération des coursiers serait-elle suffisante pour assumer le statut d’indépendant ?

« Ce serait dommageable. Mais certains de nos coursiers sont sous le statut d’indépendant et en sont satisfaits. En outre, ils peuvent avoir recours au statut d’étudiant entrepreneur, d’indépendant complémentaire… Nous recevons chaque mois 3.000 candidatures. Preuve que la situation actuelle plait aux coursiers. Pourquoi changer les règles ? »

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