De la Corée du Nord à une prison américaine : le développeur d’Ethereum plaide coupable de conspiration

Le programmeur d’Ethereum Virgil Griffith a été accusé d’avoir violé les lois américaines sur les sanctions en faisant une présentation sur la crypto et la blockchain lors d’une conférence nord-coréenne en 2019, selon le site d’information sur les cryptomonnaies CoinDesk et Business Insider.

Pourquoi est-ce important ?

La technologie blockchain peut être utilisée par des pays isolés pour échapper à la puissance du système (financier) américain. Les lourdes charges retenues contre Griffith impliquent que c'est ainsi que le système juridique américain voit les choses.

Virgil Griffith, le développeur américain d’Ethereum accusé d’avoir violé les lois sur les sanctions de son pays d’origine, a plaidé coupable dans le cadre d’un accord avec les procureurs fédéraux.

Lundi, dans un tribunal de New York, Griffith a plaidé coupable d’un chef d’accusation de conspiration et de violation de la loi sur les pouvoirs économiques en cas d’urgence internationale (IEEPA).

  • Il s’agit d’une loi fédérale des États-Unis qui autorise le président à réglementer le commerce international (…) en réponse à une menace inhabituelle pour le pays, provenant entièrement ou en grande partie de l’extérieur des États-Unis.

Il a également accepté une clause de déchéance, bien que les détails n’aient pas été communiqués à l’heure d’écrire ces lignes. Un document d’accusation de 2019 demande la confiscation de tous les produits que Griffith a gagnés en donnant la présentation.

Grâce à cet accord, il risque de passer entre 63 et 78 mois en prison. Il sera condamné en janvier 2022.

Présentation de la blockchain

Le développeur de logiciels a été arrêté en novembre 2019 après avoir fait une présentation sur les cryptomonnaies et la blockchain lors d’une conférence nord-coréenne sur les crypto-monnaies en avril de la même année.

Après son arrestation en 2019, le fondateur d’Ethereum, Vitalik Buterin, a fait circuler une pétition sur Twitter pour demander la libération de Griffith, bien qu’il ait déclaré que la Fondation Ethereum n’était pas impliquée dans le voyage à Pyongyang.


« Je ne pense pas que ce que Virgil ait aidé la Corée du Nord à faire quelque chose de mal », a écrit Buterin. « L’ouverture d’esprit géopolitique est une vertu. Il est admirable de se rendre auprès d’un groupe de personnes au sujet desquelles on a été formé depuis l’enfance à croire qu’elles sont de mauvais ennemis (traduction libre, ndlr), et d’écouter ce qu’elles ont à dire », a-t-il ajouté.

Portefeuille de Coinbase

Bien que Griffith ait été initialement libéré sous caution en 2020, il est actuellement en prison pour avoir tenté de violer les conditions de sa remise en liberté. Griffith a tenté d’accéder à son portefeuille Coinbase plus tôt cet été pour payer ses avocats, ce qui, selon les procureurs, a violé les termes de son accord.

Après avoir plaidé coupable, les avocats de Griffith ont demandé qu’il soit transféré du Metropolitan Correctional Center de New Yor au Essex County Correctional Facility de Newark, dans le New Jersey. Ils ont fait référence aux conditions « très difficiles » du MCC, qui est connu pour être délabré et dangereux pour les détenus.

Griffith, qui est connu pour sa personnalité habituellement optimiste et joyeuse, était sombre et émotif au tribunal. Interrogé par le juge sur ce qu’il ressentait, Griffith a répondu qu’il avait suivi un « entraînement à la méditation » quotidien et qu’il était « parfaitement conscient de l’horreur qu’il ressentait ».

Singapour

Il a été accusé d’avoir violé deux décrets, qui interdisent certains types de transactions et d’activités en Corée du Nord, notamment l’exportation de services par des ressortissants américains. Griffith est un citoyen américain, bien qu’il ait eu sa résidence principale à Singapour avant son arrestation.

La pomme de discorde était donc la présentation faite par Griffith à la conférence nord-coréenne. Bien que les détails de la présentation n’aient pas été divulgués, les avocats qui ont commenté l’affaire ont fait remarquer qu’une grande partie des informations abordées relevaient déjà du domaine public.

Mais cela n’a peut-être pas compté pour l’accusation.

Pièce de clôture

L’accord de lundi est la pièce finale de près de deux ans de querelles juridiques entre les avocats de l’accusation et Griffith. Les avocats de la défense ont demandé à plusieurs reprises que les charges soient clarifiées, selon des documents publics.

Le plaidoyer de Griffith a été une surprise, car les procureurs et la défense de Griffith se préparaient à un procès. Un jury a été réuni le lundi matin.

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