Principaux renseignements
- L’ambassade des États-Unis a lancé un fonds de 500 000 dollars destiné à promouvoir un « gouvernement limité » au Royaume-Uni.
- Les détracteurs dénoncent ce programme comme une tentative d’injecter l’idéologie MAGA dans la politique britannique.
- Des avertissements internes suggèrent un glissement de la diplomatie publique vers une persuasion étrangère active.
Des allégations d’ingérence étrangère ont fait surface à la suite de l’annonce par l’ambassade des États-Unis d’une enveloppe de 500 000 dollars (432 000 euros) dédiée à des initiatives d’« éducation publique » au Royaume-Uni.
Les détracteurs affirment que ce programme est un moyen d’imposer les priorités politiques américaines dans les affaires intérieures britanniques. Les subventions sont destinées à des projets visant à promouvoir la liberté d’expression.
Financement antérieur
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions, des hauts responsables américains s’étant déjà heurtés aux autorités britanniques au sujet des lois sur le numérique et du droit à l’avortement, tout en s’alignant sur des groupes d’extrême droite européens.
Ces fonds sont distincts d’une allocation séparée de 12 millions de dollars révélée dans des documents divulgués, que le Département d’État américain destinait à des organisations britanniques fondées par Toby Young et Jacob Rees-Mogg.
Le choc des valeurs juridiques
L’avis de subvention de l’ambassade souligne l’importance de l’héritage anglo-américain de la common law et marque le 70e anniversaire du mémorial de la Magna Carta. Cependant, le moment choisi est controversé, car l’American Bar Association est actuellement engagée dans des batailles juridiques avec l’administration Trump au sujet du harcèlement présumé de professionnels du droit.
Des personnalités politiques britanniques ont vivement réagi à cette nouvelle. Lisa Smart, députée libérale-démocrate, a critiqué cette initiative, la qualifiant de tentative d’injecter de l’« argent MAGA » dans la démocratie britannique.
Avertissements
Des inquiétudes internes se sont également fait jour au sein du Département d’État américain. Un ancien responsable a fait remarquer que, si la diplomatie publique est courante, le financement d’une idéologie étroite de type America First visant à fabriquer des récits basés au Royaume-Uni à des fins de propagande américaine est sans précédent.
D’autres membres du ministère ont fait part de leurs inquiétudes concernant un deuxième programme de subventions qui encourage les candidats à obtenir activement le soutien du Royaume-Uni en faveur de la politique américaine, notamment en ce qui concerne la défense d’Israël et la concurrence avec la Chine.
L’ambassade américaine défend cette idée
Pour défendre ce programme, un porte-parole de l’ambassade des États-Unis a déclaré que l’objectif était de renforcer les liens bilatéraux et les normes démocratiques.
Il a réfuté les accusations d’ingérence en soulignant que l’ambassade avait cessé de financer des projets « source de division » datant de l’ère Biden, tels que ceux axés sur le recrutement fondé sur l’origine ethnique, les droits des personnes LGBTQ et la justice climatique, affirmant que ces initiatives n’avaient pas fait l’objet de critiques similaires. (jv)
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