Contre toute attente, la Russie veut lancer ses deux premiers porte-avions depuis la chute de l’URSS

Leur silhouette si reconnaissable est indissociable de la seconde Guerre mondiale dans le Pacifique, puis de la guerre froide qui lui a succédé : les porte-aéronefs – et surtout les plus impressionnants de tous, les grands porte-avions – restent la plus radicale expression de puissance militaire d’un pays. Ce n’est pas pour rien que les USA organisent leurs flottes sur tous les océans du monde autour de leurs « ponts-plats », que la France cherche un compagnon pour son Charles de Gaulle, et que le Japon a lancé son premier porte-avions depuis 1945 en trichant quelque peu sur une constitution qui, normalement, le lui interdit.

Historiquement l’Union soviétique et la Russie n’ont jamais été des puissances navales ; L’URSS des années 80 a bien tenté de suivre les USA dans une course au tonnage des navires, mais le programme n’a pas survécu à l’effondrement du pays. Il n’en reste actuellement qu’une série de flottes destinées à protéger les espaces côtiers du pays, et quelques grands navires océaniques, dont un seul porte-avion achevé, L’Amiral Kouznetsov. Commandé en 1981 et lancé en 1985, ce grand pont-plat de près de 68.000 tonnes à pleine charge est toutefois en cours de modernisation dans le chantier naval de Mourmansk, sur la rive orientale de la baie de Kola, dans la mer de Barents, et ce probablement jusqu’en 2023.

De nouveaux navires d’assaut

Selon Military Watch Magazine, le Kouznetsov devrait recevoir de nouveaux systèmes électroniques et capteurs, une révision complète des systèmes de propulsion, et éventuellement l’intégration de nouveaux systèmes d’armes rapprochés et de missiles de croisière hypersoniques Zicron pour remplacer les vieillissants P-700 soviétiques. Il reprendra normalement la mer vers 2024. Mais le même média annonce que la marine russe devrait également recevoir deux nouveaux porte-avions plus légers vers le milieu de la décennie, actuellement en construction en Crimée.

Baptisés Sébastopol et Vladivostok, ces navires auront un déplacement estimé entre 25.000 et plus de 40.000 tonnes et serviront de navires d’assaut. Ils déploieront des hélicoptères d’attaque Ka-52 comme principal aéronef de combat et pourraient également déployer des chasseurs à capacité d’atterrissage vertical dont le développement a été signalé à la fin des années 2010.

Des océans où on ne voit pas tant les Russes

L’information est assez surprenante, car, si ce genre d’engin permet effectivement une projection de puissance sur les océans, ils sont très couteux et ce n’est habituellement pas un rôle que la Russie occupe sur l’échiquier international, à l’inverse des Américains et des Français, et plus récemment des Chinois, qui tentent aussi de s’imposer.

Alors que la Russie n’a pas investi dans la production de navires de la taille d’un croiseur ou d’un destroyer depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la mise en service de deux nouveaux porte-avions pour accompagner l’Amiral Kouznetsov permettrait de disposer d’une flotte importante, bien que limitée par la gamme d’escortes et de moyens logistiques disponibles.

Toujours selon Military Watch Magazine, le plus probable est que ces deux navires sont destinés aux flottes du Grand Nord et d’Extrême-Orient, deux théâtres plus propices à l’emploi de grands navires que les mers Noire ou Baltique, où les attaques peuvent venir de toutes les côtes environnantes.

Les bons camarades chinois

En outre, les marins russes pourraient ainsi collaborer plus aisément avec leurs homologues chinois, dont les chantiers navals tournent à plein régime et qui connaissent bien ce genre de navire. Le premier porte-avions n’étant autre que le navire-frère de l’Amiral Kouznetsov, le Varyag, cédé incomplet en 2000 et rebaptisé officiellement Liaoning depuis le 11 septembre 2012. À terme, l’Admiral Kouznetsov lui-même pourrait même potentiellement être déployé pour maintenance dans les chantiers navals chinois et effectuer des visites portuaires régulières, ce qui pourrait être essentiel pour rendre ses opérations viables si le propre secteur de la défense russe continue à avoir des difficultés avec l’entretien de ce navire titanesque.

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