Comment la ruée sur les panneaux solaires va faire exploser la demande d’aluminium

Le photovoltaïque semble notre meilleure option pour produire de l’énergie renouvelable massivement et à moindre coût, mais cette industrie est – très – gourmande en aluminium. Il en absorbera au moins 40% de la production mondiale en 2050. Or, l’extraction de ce métal est particulièrement polluante. Mais il existe des solutions.

Alors que le monde accélère sa nécessaire transition énergétique, les ressources stratégiques d’hier devraient être remplacées par de nouvelles substances précieuses. Dans les faits, elles s’accumulent plutôt, le charbon restant dramatiquement essentiel tandis que la révolution du transport électrique va demander d’immenses quantités de lithium, de nickel ou de cobalt, soit des métaux rares qui ne seront pas disponibles pour tout le monde.

Un autre secteur qui a le vent en poupe est celui du photovoltaïque : alors qu’il ne représentait que 2% de la production électrique mondiale en 2019, l’Agence internationale de l’Énergie estime que d’ici 2050, le solaire devrait produire un tiers de notre courant, car il s’agit de l’énergie renouvelable la meilleure marché et la plus fiable disponible actuellement. Une ruée prévue vers les panneaux solaires qui aura des conséquences économiques non négligeables : ces panneaux nécessitent de grandes quantités d’aluminium et, si on veut en produire assez pour atteindre nos objectifs, alors leur construction absorbera plus de 40% de la production mondiale de ce métal.

Le métal le plus courant de la planète…

Cela représente un énorme travail d’usinage qui créera une demande pour toute une variété de minéraux », signale une équipe de chercheurs en photovoltaïque, dirigée par Alison Lennon de l’Université de New South Wales (UNSW) en Australie. « Cette escalade de la demande n’inclut pas l’utilisation de l’aluminium dans d’autres technologies d’énergie propre, comme les éoliennes et les véhicules électriques, qui devrait également augmenter ni d’ailleurs son utilisation continue dans les infrastructures de transport et de construction ».

Non pas que l’aluminium soit rare : il s’agit même du métal le plus courant à la surface de notre planète, rappelle Science Alert. Mais la fabrication de l’aluminium est un processus d’extraction à forte intensité énergétique : extraire et fondre de l’aluminium consomme énormément d’énergie, qui, bien souvent, engendre encore des émissions de gaz à effet de serre pour être générée.

… Et le plus aisément recyclable (heureusement)

Heureusement, l’aluminium est l’un des matériaux les plus recyclés et les plus recyclables qui soient : près de 75 % de tout l’aluminium produit est encore utilisé aujourd’hui. Et le recyclage de l’aluminium ne consomme qu’une fraction de l’énergie nécessaire pour en fabriquer un nouveau stock, et ne produit donc qu’une infime partie des émissions de cette industrie.

« Grâce à sa recyclabilité ‘infinie’, l’aluminium peut jouer un rôle essentiel dans la croissance rapide du photovoltaïque d’ici 2050 – croissance qui sera nécessaire pour réduire les émissions à un niveau net zéro », écrivent Lennon et son équipe. De là, les scientifiques pointent deux scénarios possibles. Soit on ne fait rien, et la demande croissante de panneaux solaires – et donc d’aluminium – ajoutera 4.000 mégatonnes de CO2 dans notre atmosphère d’ici 2050 ; soit une bonne gestion du recyclage permet de limiter les émissions de cette industrie dès 2030 et celles-ci se stabiliseront à 1.500 mégatonnes de CO2 d’ici le milieu du siècle, ce qui correspond à la limite supérieure fixée par l’International Aluminium Institute pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 2 degrés.

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