Carlos Ghosn ne sera pas extradé vers le Japon s’il se rend en France alors qu’Interpol émet un mandat d’arrêt

La secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin ce matin sur RMC/BFM TV. Elle précise toutefois que Ghosn ‘n’a pas à se soustraire à la justice japonaise’.

Le feuilleton autour de la grande évasion de l’ex-PDG du groupe Renault-Nissan se poursuit. Si on en sait désormais un peu plus sur sa fuite du Japon, de nombreuses questions restent sans réponses.

Ce matin, le domicile de Carlos Ghosn au Japon a été perquisitionné. On apprenait entre autres qu’il possédait un 2e passeport français à portée de main. Des arrestations ont aussi eu lieu en Turquie, pays par lequel il a transité avant de rejoindre le Liban. Et dont les autorités ont affirmé que le Franco-Libano-Brésilien était arrivé sur leur territoire ‘légalement’.

Pour sa fuite, M. Ghosn est soupçonné d’avoir emprunté un jet privé parti de l’aéroport du Kansai (ouest). Un avion de ce type a décollé le 29 décembre vers 23h (heure locale) de cette infrastructure en direction d’Istanbul, ont indiqué des médias japonais relayés par Belga. D’après le quotidien turc Hürriyet, M. Ghosn est soupçonné d’avoir atterri à l’aéroport Atatürk, aujourd’hui fermé aux vols commerciaux mais encore utilisé par des appareils privés, et d’en être reparti vers le Liban peu de temps après à bord d’un autre jet privé.

‘Personne n’est au-dessus des lois’

Ce matin, la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a précisé la position de la France dans ce dossier: ‘Si M. Ghosn venait en France, nous n’extraderons pas M. Ghosn, parce que la France n’extrade jamais ses nationaux; donc nous appliquons à M. Ghosn comme à Monsieur tout le monde les mêmes règles du jeu mais cela ne nous empêche pas de penser que M. Ghosn n’a pas à se soustraire à la justice japonaise.’

La position de la secrétaire d’État est ferme: ‘Je n’ai pas les mots pour qualifier cette fuite (…). Personne n’est au-dessus des lois’. Le rôle joué par la France? ‘Nous sommes toujours, pour n’importe quel Français, dans une posture d’assistance consulaire. Nous l’avons été pour M. Ghosn quand il avait des problèmes de médicaments ou quand il s’est agi d’expliquer aux autorités japonaises qu’étant un peu affaibli on préférait améliorer ses conditions de détention’, a précisé Pannier-Runacher.

‘J’ai organisé mon départ’

L’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn a également affirmé jeudi avoir organisé ‘seul’ son départ du Japon où il est poursuivi pour des malversations financières, vers le Liban, niant toute implication de sa famille.

‘Les allégations dans les médias selon lesquelles mon épouse Carole et d’autres membres de ma famille auraient joué un rôle dans mon départ du Japon sont fausses et mensongères. C’est moi seul qui ai organisé mon départ. Ma famille n’a joué aucun rôle’, explique M. Ghosn, dans un court communiqué reçu par l’AFP.

Un mandat d’arrêt d’Interpol

Si le Japon demande son extradition, le Liban ne répondra pas, a-t-on entendu lors d’une conversation téléphonique avec l’agence de presse financière Bloomberg. Le Liban fera alors examiner par un juge libanais l’acte d’accusation, confirme Sarhan. Il n’y a pas de traité d’extradition entre le Japon et le Liban.

Entre-temps, on a appris qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre Ghosn par Interpol. ‘Le bureau du procureur général a reçu une notification rouge d’Interpol dans le dossier de Carlos Ghosn’, a confirmé Sarhan à l’agence de presse officielle libanaise. Le mandat d’arrêt a été émis sur ordre du gouvernement japonais.

En outre, deux avocats libanais ont déposé une plainte jeudi parce que Ghosn s’est rendu en Israël en 2008, ce qui est interdit aux Libanais. Si la plainte est déclarée recevable, Ghosn s’expose à des poursuites pénales. Ghosn sera probablement interrogé au Liban la semaine prochaine.

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