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Quand les putschistes menacent d’embraser toute l’Afrique de l’Ouest

Quand les putschistes menacent d’embraser toute l’Afrique de l’Ouest
Getty Images

La situation est toujours confuse au Niger, où le président Bazoum est entre les mains de militaires putschistes qui tentent de consolider leur emprise sur le pays. Mais les fossoyeurs de la dernière démocratie de la région peuvent en tout cas compter sur le soutien des juntes qui ont pris le pouvoir dans les pays voisins.

Dans l’actualité : alors que la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, a annoncé que le Niger subirait des sanctions économiques et des restrictions aux voyages suite au coup d’État, et que le recours à la force n’était pas impossible, deux pays voisins, le Mali et le Burkina Faso, se déclarent au contraire solidaires. Ces deux pays sont aussi dirigés par des militaires ; et ils se sont dits prêts à intervenir si une intervention internationale était envisagée.

Coalition internationale contre pays putschistes

  • « Toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali » a ainsi déclaré lundi soir le colonel Abdoulaye Maiga, ministre d’État malien chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.
  • Le Mali et le Burkina Faso sont tous les deux tombés sous la coupe de militaires qui n’ont jamais organisé les élections qu’ils avaient promises. Cela a précipité le retrait des forces françaises au Mali, pourtant engagées à la demande du gouvernement précédent (mais militaire aussi) pour lutter contre les jihadistes.
  • Ces deux pays sont aussi sous le coup des sanctions de la CEDEAO, mais celle-ci n’avait pas menacé d’organiser une intervention militaire internationale contre eux.

« Si les putschistes choisissent la confrontation, les conséquences sur les civils d’une telle approche seraient catastrophiques. [Je ne vois pas ] d’intervention militaire se produire en raison de la violence qu’elle pourrait déclencher. »

Rida Lyammouri, chercheur principal au Policy Center for the New South, un groupe de réflexion basé au Maroc, cité par Yahoo! Finance

Un embrasement de la région est-il possible ?

Alors que le secrétaire d’État américain Blinken a félicité la CEDEAO pour sa fermeté, la volonté de surenchère des pays alliés aux putschistes nigériens n’aide pas à démêler la situation. Le Niger pourrait s’enfoncer dans la guerre civile avec affrontements entre partisans du président et ceux des militaires révoltés. Cela deviendrait encore pire si des armées étrangères intervenaient. D’autant que Mali et Burkina Faso emploient les mercenaires de Wagner, même si est difficile d’estimer qui commande à qui.

  • Les USA venaient de promettre 150 millions de dollars en aides diverses au pays, très dépendant de la solidarité internationale. Washington a prévenu que cet argent ne serait pas versé à un gouvernement putschiste.
  • Ce qui est inquiétant, c’est toutefois la solidarité entre ces gouvernements africains illégitimes qui, tous, rejettent l’influence française pour embrasser celle de Moscou. Au Niger, des manifestants ont – apparemment spontanément – clamé « À bas la France ! Vive la Russie » comme on l’avait vu dans les pays voisins. Quant à savoir si Moscou a vraiment désiré ce changement de régime – en plein sommet Russie-Afrique – c’est impossible à dire.
  • La CEDEAO est en tout capable d’intervenir militairement, même si c’est rarement arrivé dans son histoire : elle a tenté de s’interposer durant les violences au Libéria dans les années 1990. Plus récemment, en 2017, elle a pu déployer 7.000 soldats du Nigéria, du Ghana et du Sénégal pour garantir la passation de pouvoir avec les élections en Gambie.
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