Bruxelles renforce ses cabinets politiques malgré les mesures d’austérité


Principaux renseignements

  • Bruxelles a élargi ses cabinets politiques malgré les mesures d’austérité officielles.
  • Les nouvelles règles de recrutement basées sur un système de points ont entraîné une forte augmentation des effectifs.
  • La loyauté politique explique le choix coûteux de faire appel à des assistants politiques plutôt qu’à des fonctionnaires neutres.

Malgré un climat officiel d’austérité, la Ville de Bruxelles a considérablement augmenté la taille de ses cabinets politiques. C’est ce qu’écrit Bruzz. Le parti d’opposition Ecolo-Groen a critiqué l’expansion, soulignant que la ville disposait déjà, avant ces récentes augmentations, du plus grand effectif d’assistants politiques de la région.

Évolution des règles de recrutement

La hausse est attribuée à une révision du système de dotation en personnel approuvée par le conseil communal l’année dernière. Auparavant, le nombre d’assistants était plafonné en fonction des qualifications ou du statut ; or, les règles actuelles accordent aux échevins un budget de recrutement basé sur un système de points.

Étant donné que le personnel hautement qualifié nécessite davantage de points, on s’attendait à ce que ce système modifie les effectifs, mais il a finalement entraîné une forte augmentation du personnel.

Benoit Hellings, d’Ecolo, avait averti que ce changement ferait passer l’effectif total de la limite précédente de 82 à une fourchette comprise entre 97 et 109. Des données récentes confirment cette tendance, montrant que le collège et le président du CPAS emploient désormais 93,2 équivalents temps plein (ETP), alors même qu’il y a un échevin de moins pour ce mandat.

Croissance dans les principaux postes

La répartition détaillée met en évidence l’ampleur de cette croissance. Le bourgmestre Philippe Close dirige la plus grande équipe avec 14,6 ETP, suivi de la première échevine Florence Frelinx avec 9,75. Cela représente une augmentation notable par rapport au précédent mandat de Frelinx en tant que première échevine, où le personnel était limité à sept personnes. De même, le président du CPAS, David Weytsman, supervise désormais une équipe de 9,3 ETP, soit près du double de l’effectif autorisé pour son prédécesseur.

Austérité contre expansion

Hellings fait valoir que ces dépenses sont injustifiables compte tenu des coupes budgétaires actuelles. Il cite la fermeture d’une école primaire locale et d’un centre culturel, ainsi que l’incapacité de la ville à remplacer les fonctionnaires partant à la retraite, comme preuves que les services publics en pâtissent tandis que les effectifs politiques augmentent.

De plus, il affirme qu’on observe une concentration plus élevée de personnel coûteux, diplômé de l’université, à ces postes. En réponse, la conseillère municipale chargée des ressources humaines, Faouzia Hariche, a laissé entendre que le nouveau système ne faisait que régulariser des dispositions antérieures concernant les contrats de travail des demandeurs d’emploi. Hellings a rejeté cet argument, le qualifiant d’excuse, en faisant valoir que de tels programmes sont destinés aux travailleurs non qualifiés, et non aux assistants politiques.

Loyauté politique

La préférence pour les cabinets découle d’une volonté de loyauté politique, car les collaborateurs sont nommés par les partis et sont davantage en phase avec la vision de l’élu que ne le sont les fonctionnaires neutres.

(at)

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