La Région bruxelloise s’apprête à encadrer davantage le stationnement des trottinettes en libre-service, alors que Paris deviendra bientôt la première capitale européenne à bannir ces engins. Une mesure qui pourrait toutefois booster les achats des particuliers.
Zoom-arrière : Est-ce que la prochaine interdiction des trottinettes en libre-service à Paris risque de donner des idées à Bruxelles ?
- Les Parisiens ont voté à 89% pour bannir ces engins, malgré un suffrage largement ignoré.
- Les opérateurs Lime, Dott et Tier devront quitter la capitale française le 1er septembre.
- Cette hostilité des citadins à l’égard des trottinettes électriques se retrouve également en Belgique.
- Mais chez nous, il n’est pas encore question d’interdiction. On préfère plutôt encadrer leur utilisation. Pour le moment en tout cas.
- En juillet 2022, la Belgique avait ainsi adopté un premier cadre de réglementation :
- 25 km/h maximum,
- 16 ans minimum,
- Interdiction de rouler à deux,
- Instauration de trois zones de stationnement : des zones de stationnement interdit, des zones de stationnement obligatoire (drop-off) et des zones où le stationnement reste autorisé sur le trottoir sans gêner le passage.
Zoom-avant : C’est ce dernier point que la Région bruxelloise entend désormais durcir.
- La capitale compte quelque 21.000 trottinettes partagées, soit davantage que les 15.000 à Paris.
- Le stationnement est jusqu’à présent géré par les communes, qui décident chacune de la réglementation à appliquer.
- À Uccle, par exemple, le bourgmestre Boris Dilliès a décidé en septembre d’interdire le stationnement des trottinettes partagées sur son sol.
- Mais une ordonnance a été adoptée par le Parlement régional pour réguler le stationnement des trottinettes d’ici à l’été, rapporte La Libre.
- Les règles de stationnement devraient être harmonisées à l’échelle régionale et les zones de stationnement obligatoire généralisées.
- Il sera donc interdit de stationner sa trottinette en dehors de ces zones, par exemple en verrouillant le compteur du véhicule mal stationné, qui continuera à facturer jusqu’à ce qu’il soit déplacé dans une zone autorisée, indique au journal le directeur régional de Lime.
- Ce que nous confirme le chef du groupe Groen au Parlement bruxellois, Arnaud Verstraete. Il ajoute que « si la trottinette est placée en dehors de la zone de stationnement, une amende peut être infligée ».
- Selon Dott, Gand et Liège appliquent déjà ce type de parking, respecté à 97% par ses utilisateurs.
- De son côté, Bruxelles Mobilité souhaiterait implémenter 3000 zones de stationnement, selon Le Soir.
- Mais la décision du nombre de zones reviendra à chaque commune.
- Des arrêtés d’exécution doivent encore être approuvés afin d’appliquer l’ordonnance et de préciser des éléments comme :
- Le montant de la redevance annuelle que les opérateurs devront payer à la Région, qui serait de 25 euros par trottinette.
- Le nombre de trottinettes autorisées, qui devrait être limité à 13.000.
Quatre décès
À suivre : « Si ces nouvelles mesures s’avèrent insuffisantes, la possibilité d’une interdiction à Bruxelles est également envisagée », nous révèle Arnaud Verstraete, chef de groupe Groen, au Parlement bruxellois.
- « Il ne s’agit pas seulement d’un espace public pour les piétons. Il y a aussi l’aspect sécurité. La trottinette a pris une part importante dans les statistiques d’accidents, et nous essayons d’y remédier en réduisant la vitesse », explique-t-il. « En 2022, on a malheureusement dénombré quatre décès dus à des accidents impliquant des trottinettes et plus de 700 accidents corporels. »
- Le député a par ailleurs commenté le vote à Paris : « Il n’y a eu que 10% de participation (en réalité seulement 7,46%, NDLR). C’est trop limité pour en conclure que les gens veulent que les choses se passent ainsi », indique-t-il. En Belgique, l’élu Groen estime que la décision devrait plutôt être prise au niveau parlementaire, éventuellement avec des comités de citoyens.
- Le service de mobilité de Bruxelles a déjà lancé une campagne pour rappeler les règles aux usagers. Elle met l’accent sur le respect des feux rouges, l’utilisation de l’infrastructure des pistes cyclables (il n’est plus permis de rouler sur le trottoir), la sobriété au volant et l’interdiction de slalomer entre les véhicules.