Biélorussie: l’opposante Maria Kolesnikova a été enlevée

EPA-EFE/TATYANA ZENKOVICH

Maria Kolesnikova, la figure de l’opposition qui a porté la campagne contre la réélection d’Alexandre Loukachenko, a été enlevée lundi matin par un groupe ‘d’hommes inconnus’, rapporte un média biélorusse indépendant.

Kolesnikova était la seule figure féminine de l’opposition encore présente à Minsk, et désormais on ignore où elle se trouve. Politicienne biélorusse, elle préside le Conseil de coordination formé lors des manifestations pour contester la réélection d’Alexandre Loukachenko.

‘On ne sait pas où elle se trouve’, a déclaré lundi le Conseil dans une déclaration, accusant le régime d’utiliser des méthodes de terreur. ‘Il est évident que ces méthodes sont illégales et ne peuvent conduire à aucun résultat autre que l’aggravation de la situation dans le pays, l’approfondissement de la crise et l’intensification des protestations’.

L’opposition forcée de quitter le pays

Kolesnikova aurait été traînée dans une camionnette et conduite vers un lieu inconnu, selon les médias locaux, au lendemain de nouvelles manifestations qui se sont déroulées à Minsk et durant lesquelles 630 personnes (sur 100.000 manifestants) ont été arrêtées. 

La plupart des leaders de l’opposition ont été emprisonnés ou ont quitté le pays, à l’exception de Kolesnikova. La candidate à la présidentielle de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaya, est partie soudainement pour la Lituanie le 12 août, quelques heures après s’être rendue à la Commission électorale centrale pour protester contre la réélection de Loukachenko.

Kolesnikova est également la directrice de campagne du candidat de l’opposition Viktor Babariko, un ancien banquier qui a été emprisonné par les autorités juste avant le scrutin.

La disparition de l’opposante est survenue deux jours après qu’une autre figure de l’opposition, Olga Kovalkova, ait été expulsée du pays après avoir purgé 15 jours de prison pour avoir contesté la réélection du président. Selon les dires de cette dernière, le KGB l’aurait forcée à quitter le pays, faute de quoi, elle aurait été obligée d’effectuer une très longue peine de prison.