Biden ordonne au gouvernement américain de se préparer à des chocs climatiques sur l’ensemble de l’économie

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Notre système financier moderne est construit sur l’hypothèse que le climat est stable. Mais il est clair que nous ne vivons plus dans un tel monde. Le président américain, Joe Biden, a d’ores et déjà ordonné aux agences gouvernementales du pays de se préparer à des chocs climatiques qui toucheraient l’ensemble de l’économie. Car la hausse des catastrophes menace les prix du logement, la valeur des fonds de pension et même la stabilité du système financier mondial.

Les experts mettent généralement en garde contre deux types de risques financiers posés par le réchauffement climatique.

Premièrement, les coûts croissants pour les entreprises et les investisseurs, car les catastrophes liées au climat endommagent ou détruisent les bâtiments, les récoltes ou encore les chaînes d’approvisionnement.

Deuxièmement, il existe un risque de chute soudaine de la valeur des entreprises dépendantes des combustibles fossiles lorsque les gouvernements ou les consommateurs adoptent l’énergie éolienne, solaire et d’autres sources qui ne produisent pas d’émissions de carbone à l’origine du réchauffement climatique.

Ces deux phénomènes pourraient déstabiliser des secteurs-clés de l’économie, suscitant des comparaisons avec la grande récession de 2007-2009.

Déjà ressentie aux États-Unis

Jeudi dernier, Joe Biden a signé un décret ordonnant aux fonctionnaires de rendre compte du risque que représente le changement climatique pour les biens et les recettes fiscales de l’État fédéral. Le président souhaite également trouver des moyens de protéger les retraites contre les revers liés au climat. Enfin, ‘l’Executive Order’ stipule que le gouvernement devrait envisager d’exiger des entreprises avec lesquelles il fait affaire qu’elles divulguent leurs émissions de gaz à effet de serre.

L’accent mis sur cette divulgation est crucial. Confrontées à la perte d’investisseurs, de clients et éventuellement d’employés potentiels, les entreprises les plus exposées aux risques climatiques pourraient se sentir obligées d’adapter leurs activités.

Ce décret fait suite à un rapport publié la semaine dernière par l’Agence pour la protection de l’environnement, et selon lequel le réchauffement climatique se fait désormais sentir aux États-Unis sous la forme d’une augmentation des vagues de chaleur, des incendies de forêt, des inondations et d’autres catastrophes.

Les banques se débarrassent déjà de beaucoup d’hypothèques côtières

Il existe des preuves que le changement climatique affecte déjà l’économie américaine. En Floride, la demande pour les logements dans les zones côtières à haut risque commence à être inférieure à celle du reste de l’État, et les prix suivent le mouvement. Dans tout le pays, les banques se débarrassent d’un plus grand nombre de ces hypothèques côtières en les vendant aux prêteurs hypothécaires garantis par l’État, Fannie Mae et Freddie Mac – un signe que ces banques sont conscientes du risque croissant de défaillance et transfèrent ce risque aux contribuables américains.

Le marché de l’assurance subit également les effets des catastrophes les plus graves. En Californie, par exemple, les assureurs refusent désormais de couvrir les maisons situées dans des zones exposées aux incendies. Et d’autres États de l’Ouest présentent des signes de tendances similaires.

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