En raison de la guerre en Iran, nous payons beaucoup plus cher à la pompe. La question se pose désormais de savoir si les salariés ont droit à une indemnité kilométrique plus élevée pour compenser la hausse des prix du carburant. Le montant de cette indemnité dépend notamment de la commission paritaire dont vous relevez.
Principaux renseignements
- Les salariés n’ont pas automatiquement droit à une indemnité kilométrique pour leurs trajets domicile-travail ; cela dépend des accords en vigueur dans le secteur, l’entreprise ou le contrat.
- Pour les déplacements professionnels, l’employeur doit rembourser les frais, soit sur la base des frais réels, soit via une indemnité kilométrique forfaitaire.
- L’indemnité kilométrique peut augmenter en fonction de l’indice, mais les employeurs ne sont pas tenus de l’ajuster et peuvent appliquer un tarif inférieur ou propre.
Explication : quand avez-vous droit à une indemnité kilométrique ?
- Katty Kerkhofs, experte juridique chez le prestataire de services RH Partena, précise que tous les travailleurs n’ont pas automatiquement droit à une telle indemnité.
- « L’utilisation d’une voiture privée pour les trajets domicile-travail ne donne en principe pas automatiquement droit à une intervention de l’employeur dans les frais engagés par le travailleur. Il en va autrement pour les déplacements professionnels », explique-t-elle.
- Un employeur n’est tenu de verser une indemnité que s’il existe des accords concrets à ce sujet. Ceux-ci peuvent être inclus dans le contrat de travail, un accord d’entreprise ou une convention collective sectorielle déclarée d’application générale.
- « Dans de nombreux comités paritaires, il existe des conventions collectives qui prévoient une indemnité pour les déplacements en moyen de transport privé. À cet égard, les règles sectorielles doivent éventuellement être combinées avec des accords plus favorables au niveau de l’entreprise ou dans le contrat de travail individuel », précise Kerkhofs.
- Ces règles peuvent être très diverses. L’expert de Partena cite l’exemple de la commission paritaire 200, qui couvre de nombreux employés. Ceux-ci ont droit à un remboursement correspondant à 50 pour cent du coût d’un abonnement de train (2e classe) lorsqu’ils se rendent au travail en voiture, à condition que le salarié ne gagne pas plus qu’un plafond indexé annuellement (36 688 euros par an).
Règles différentes pour les déplacements professionnels
Remarque : le régime applicable aux déplacements professionnels diffère de celui applicable aux trajets domicile-travail.
- « En cas de déplacements professionnels, l’employeur doit prendre en charge les frais de déplacement, sauf s’il met à disposition un moyen de transport et du carburant pour ces déplacements », précise Kerkhofs. « L’employeur peut soit rembourser le salarié sur la base des frais réels, mais dans ce cas, il doit justifier le montant de ces dépenses, soit appliquer les montants forfaitaires acceptés par le fisc et l’ONSS. Dans la pratique, on utilise souvent cette indemnité kilométrique forfaitaire. »
L’employeur peut parfois augmenter l’indemnité kilométrique
Dans l’actualité : selon Kerkhofs, l’employeur peut, dans certains cas, augmenter l’indemnité kilométrique.
- Il peut notamment le faire lorsque cette indemnité est inférieure aux plafonds sociaux et fiscaux. « Cette augmentation n’est toutefois pas illimitée. L’employeur ne peut augmenter l’indemnité que jusqu’aux plafonds sociaux et fiscaux acceptés », précise-t-il.
- Depuis le 1er avril 2026, l’indemnité kilométrique indexée trimestriellement s’élève à 0,4327 euro par kilomètre. Au cours des trois premiers mois de 2026, elle était encore de 0,4326 euro par kilomètre.
- Il existe par ailleurs une indemnité kilométrique indexée annuellement. Pour la période du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, celle-ci s’élève à 0,4449 euro par kilomètre. L’employeur a le choix entre l’indexation annuelle ou trimestrielle.
- Concrètement, cela signifie donc que l’indemnité kilométrique peut augmenter si votre employeur suit les tarifs officiels. Mais il n’est pas tenu de le faire. « Un employeur peut également appliquer son propre tarif, inférieur ou fixe. S’il applique aujourd’hui un tarif inférieur aux montants limites, il peut toutefois choisir de l’augmenter en raison de la hausse des coûts du carburant », explique M. Kerkhofs.
En résumé : la hausse des prix du carburant ne signifie pas automatiquement que chaque salarié a droit à une indemnité kilométrique plus élevée.
- Pour les trajets domicile-travail, cela dépend des accords en vigueur dans l’entreprise ou le secteur.
- Pour les déplacements professionnels, l’employeur doit bien prendre en charge les frais, mais là encore, c’est le cadre applicable qui détermine le montant exact dû.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !


