Aucune trace des enchères pour la 5G en Belgique: quid chez nos voisins?

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Notre pays aurait normalement dû une mise aux enchères des fréquences 5G avant le 30 juin 2020. Mais à cause de querelles politiques entre niveaux de pouvoir, la Belgique a loupé le coche. Où en sont nos pays voisins? Tour d’horizon.

La première échéance européenne est passée sans faire trop de bruit ce mardi. Et les choses ne s’annoncent guère mieux pour la seconde. D’ici la fin de l’année, une deuxième bande-radio 5G devrait également être mise aux enchères, mais cela ne se fera pas, reconnait déjà l’IBPT, l’organisme chargé de la surveillance des télécommunications. Pourtant, le gouvernement Michel a déjà approuvé l’organisation de la vente aux enchères de la 5G mi-2018. Mais depuis lors, la question est restée bloquée entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées.

Le nœud du blocage est la répartition des revenus. La vente des fréquences devrait générer au moins 800 millions d’euros et les entités fédérées réclament une part plus importante des recettes que les 20% prévus. L’IBPT ne pouvant plus supporter la facture, l’autorité de régulation des télécoms a donné à Telenet, Orange et Proximus des autorisations temporaires au début de cette année pour développer des services 5G. Proximus a immédiatement lancé un projet pilote ‘5G light’ dans trente communes belges, uniquement flamande.

Les Pays-Bas

Nos voisins du nord ont attendu jusqu’à la dernière minute. Lundi dernier, la première vente aux enchères d’une fréquence 5G a été programmée. Elle est d’ailleurs toujours en cours puisqu’elle se déroule en plusieurs tours, via un logiciel en ligne sécurisé. En 2012, la mise aux enchères des fréquences 4G avait duré environ six semaines aux Pays-Bas, mais elle avait rapporté 4 milliards d’euros. Bien plus que les 470 millions d’euros que le gouvernement s’était fixés comme objectif.

On ne sait pas combien de parties participent à la vente aux enchères. En raison du prix élevé d’une telle infrastructure, seuls les grands opérateurs de télécommunications KPN, T-Mobile et Vodafone sont censés être capables de réunir les fonds nécessaires. Tous trois préparent le passage à la 5G depuis un certain temps déjà. Vodafone propose déjà la 5G dans la moitié des Pays-Bas, l’autre moitié suivra dans le courant du mois de juillet.

Allemagne

Bien que la vente aux enchères 5G en Allemagne ait duré trois mois, elle s’est achevée en juin… de l’année dernière. Au-delà de toutes les attentes, elle a rapporté à l’État allemand 6,55 milliards d’euros, alors que les experts estimaient les recettes entre 3 et 5 milliards. Deutsche Telekom a mis 2,17 milliards d’euros sur la table pour une partie de la bande passante et Vodafone, 1,88 milliard d’euros. Telefónica Deutschland et Drillisch ont payé respectivement 1,42 milliard et 1,07 milliard d’euros pour une partie plus modeste.

Le fait que les fréquences 5G se soient vendues à des montants faramineux a suscité quelques critiques. ‘La vente aux enchères laisse un arrière-goût amer’, a déclaré Dirk Wössner, directeur général de Deutsche Telekom, leader du marché, à l’agence de presse britannique Reuters. Le patron de Vodafone a également parlé d’une vente aux enchères ‘catastrophique’. ‘Les opérateurs manquent de ressources pour étendre leurs réseaux’, a expliqué M. Wössner. Les deux entreprises craignaient que l’Allemagne ne prenne du retard sur la 5G.

France

Le gouvernement français a lancé la procédure d’attribution de sa 5G à la fin de l’année dernière. Mais le coronavirus est entre-temps passé par là. Mais là aussi, la situation est plus claire qu’en Belgique. Fin février, les 4 principaux acteurs du pays ont soumis une offre pour un premier paquet de 4 blocs de 50 mégahertz chacun dans le spectre compris entre 3,4 et 3,8 GHz.

L’Arcep, l’organisme français de surveillance des télécommunications, a déjà annoncé que ces 4 offres avaient été acceptées. Cela signifie qu’Orange, SFR, Iliad et Bouygues sont déjà assurés de disposer d’un bloc de 50 mégahertz. Mais ils doivent maintenant attendre la suite de la vente aux enchères. En septembre, 11 blocs de 10 mégahertz chacun seront encore mis aux enchères.

Le gouvernement français espère récolter au moins 2,17 milliards d’euros, ce qui est beaucoup plus que le prix minimum de 1,5 milliard d’euros proposé par l’Arcep. Cela promet donc d’être une belle bagarre entre les opérateurs de télécommunications Orange, SFR, Iliad et Bouygues Telecoms.