Au Mali, les mercenaires du Kremlin aussi se mettent en grève

Les mercenaires de la compagnie privée Wagner se sont implantés depuis septembre au Mali, pré carré habituelle de l’armée française. Et s’ils ont d’abord été bien accueillis par la population, les salaires ne suivent pas. Ce qui peut s’avérer dangereux, nous enseigne l’Histoire.

C’est une histoire assez abracadabrante que rapporte le site d’information Jeune Afrique, consacré à l’actualité de l’Afrique de l’Ouest francophone. Les mercenaires majoritairement russes que la tristement célèbre compagnie privée Wagner a déployé au Mali se seraient mis en grève. Ils refusent de quitter leurs bases de Tombouctou et de Sévaré pour patrouiller avec l’armée malienne, car, selon diverses sources nationales, mais aussi françaises, ces soldats privés ne toucheraient plus leur solde depuis la fin du mois d’avril.

Des mercenaires prêts à tous les coups bas

Le déploiement de ces mercenaires avait fait grand bruit, en septembre dernier. Alors que le retrait annoncé des troupes françaises au Mali faisait craindre le pire pour la région, la junte militaire qui tient le pays avait fait appel à ces mercenaires, tout en niant les faits quand des sources diplomatiques ont révélé l’affaire.

Le secret n’a, de toute façon, pas tenu bien longtemps, d’autant que ces soldats de fortune ont très vite été impliqués dans des actions très violentes, mais aussi dans une tentative de salir l’image des derniers soldats français encore présents en enterrant des cadavres de civils à proximité de leur base. Une opération nocturne qui a toutefois été entièrement filmée par les renseignements français, et qui s’est donc retournée contre ses instigateurs.

Quand une armée impayée met Rome à sac

Sauf que visiblement, les relations ne sont pas au beau fixe entre les autorités militaires maliennes – qui n’ont toujours pas tenu les élections libres promises – et leurs nouveaux protecteurs. Car c’est la principale caractéristique de l’emploi de mercenaires : si ceux-ci sont peu regardants sur les missions à accomplir, ils sont beaucoup plus tatillons sur leur rémunération.

Les exemples historiques ne manquent pas, et on n’en citera qu’un seul : en 1527, l’armée du roi d’Espagne et empereur germanique Charles Quint, largement composée de mercenaires allemands, se mutine pour cause de solde impayée et, de sa propre initiative, prend la ville de Rome et la met à sac avec une extrême violence. Le pape de l’époque, Clément VII, devra même payer rançon pour quitter la ville mise à feu et à sang, après six mois dans un des châteaux de la cité pontificale où il s’était réfugié, après le massacre de ses gardes suisses.

Des faits historiques qui ne doivent pas rassurer les autorités maliennes et encore moins la population du pays. D’autant que les mercenaires de Wagner sont régulièrement mis en cause pour leurs exactions, y compris à l’encontre des civils, sur tous les théâtres où ils sont déployés. Car de la Syrie à l’Ukraine, ceux-ci n’ont que deux employeurs envers lesquels ils sont fidèles : le Kremlin et leur propre bourse.

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