AstraZeneca interdit au moins de 56 ans: qu’en est-il de la seconde dose ?

Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé (Frederic Sierakowski / Isopix / pool Matthys)

200.000 personnes de moins de 56 ans issues du secteur des soins de santé ont déjà bénéficié d’une dose du vaccin d’AstraZeneca, qu’en sera-t-il de leur seconde dose ?

Précisons d’abord que cette interdiction des autorités belges vaut pour 4 semaines, après quoi une évaluation sera faite. Or, la seconde dose doit être administrée dans la plupart des cas durant le mois de mai. Mais si la décision perdure, qu’en sera-t-il?

Il y a d’abord la position officielle de l’Agence européenne des médicaments qui n’a pas prescrit de limitation d’âge. Pour le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), l’Agence européenne va toutefois devoir se positionner sur cette seconde dose. Des cas de thrombose ont-ils cours lors de cette 2 dose, si oui, combien ? Faut-il privilégier un autre vaccin? Lequel ?

‘La réponse va prendre du temps’, affirme le ministre. ‘Pour le moment, personne (dans les moins de 56 ans) ne sera invité pour une deuxième dose d’AstraZeneca’.

Vers un autre vaccin ?

Du côté des experts, les avis divergent aussi. Pour Yvon Englert, monsieur Covid en Wallonie, interrogé au JT de RTL, nous manquons encore de données: ‘Les Anglais ont une solide avance sur nous dans l’utilisation d’AstraZeneca. Nous avons pris contact avec nos collègues anglais pour voir quelles ont été les situations lors des deuxièmes doses.’

Or, les Anglais ont justement interdit le vaccin d’AstraZeneca aux moins de 30 ans ce mercredi. Sur base de chiffres liés à la première dose. Ils n’ont pas encore assez de données issues de la seconde dose. Mais ceux qui ont bénéficié d’une première dose du vaccin d’AstraZeneca se verront administrer une seconde dose du même vaccin, car les avantages l’emportent largement sur les risques, estiment les experts de l’Agence de santé britannique (pour rappel 30 cas de thromboses pour 18 millions de doses).

Pour Yves Coppieters, épidémiogiste, il faudra sans doute se tourner vers un vaccin alternatif de type ARN messager (Pfizer et Moderna). À terme, cela pourrait même se montrer plus bénéfique pour atteindre une immunité importante. Pour les personnes de moins de 56 ans qui attendraient leur première dose, il leur est possible de déplacer leur rendez-vous, ou de choisir un autre vaccin que celui d’AstraZeneca, quand c’est possible. Si pas, l’administration du vaccin d’AstraZeneca se fera sur base volontaire.

En outre, il faudra aussi surveiller l’arrivée du vaccin de Johnson&Johnson qui sera bientôt sur le marché et qui utilise la même technique que le vaccin d’AstraZeneca. Une dernière question est la conséquence d’une telle décision sur les retards de la campagne de vaccination. Une question qui ne se pose pas trop aujourd’hui, vu que les principaux visés sont toujours les plus de 65 ans. Mais il faudra trouver une solution d’ici la mi-mai. En attendant, les personnes à risques (phase 1B) de moins de 56 ans utiliseront des vaccins Pfizer et Moderna, quand c’est possible. Si pas, l’administration du vaccin d’AstraZeneca se fera sur base volontaire.

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