L’argent liquide deviendra-t-il bientôt un délit aux Pays-Bas ? « Nous vous demandons de réduire les retraits d’argent »

La banque néerlandaise Rabobank a récemment commencé à envoyer des courriers à ses clients qui « retirent régulièrement de l’argent », leur demandant de réduire ces retraits.

Pourquoi est-ce important ?

Le mois dernier, une controverse a éclaté aux Pays-Bas à propos d'un projet gouvernemental visant à suivre la quasi-totalité des transactions des citoyens, apparemment une première étape vers la mise en œuvre d'une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Les banques ayant conseillé à leurs clients de ne pas retirer trop d'argent liquide, la prochaine étape semble avoir été franchie.

L’essentiel : Rabobank met en garde dans ses lettres contre les « risques de l’argent liquide » et demande à ses clients de retirer moins souvent de l’argent.

  • Un porte-parole de la banque a confirmé à Business AM que les lettres étaient authentiques et qu’elles n’étaient envoyées qu’aux clients qui retirent de « grosses sommes » d’argent.
  • La banque agirait ainsi pour avertir les clients des risques liés à l’argent liquide, mais aussi pour prévenir les pratiques criminelles.
  • Cependant, il n’est pas clair ce que la banque définit comme des « montants importants ». Rabobank a refusé de partager cette information.
  • Lorsque nous avons demandé au porte-parole pourquoi la banque ne divulgue pas les montants impliqués, elle a répondu que « nous ne voulons pas rendre les criminels plus sages qu’ils ne le sont déjà. Plus nous donnons d’informations, mieux ils peuvent agir en conséquence. »
  • Le porte-parole a souligné que l’argent liquide est « très utile » et que Rabobank s’engage à le garder « accessible à tous ». De telles lettres ne seraient « pas envoyées à la légère ».

Le contexte : Bien que Rabobank affirme que cette pratique sert à lutter contre le blanchiment d’argent, la guerre contre l’argent liquide fait l’objet d’une certaine agitation aux Pays-Bas depuis un certain temps.

  • Fin octobre, il a été annoncé que les Pays-Bas souhaitaient regrouper les transactions supérieures à 100 euros dans une grande base de données. Dans ce cas aussi, la raison invoquée était la lutte contre le blanchiment d’argent.
  • Toutefois, selon ses détracteurs, cette mesure entraînerait des violations massives du droit à la vie privée. Après tout, il deviendrait possible de suivre en masse le comportement de paiement des citoyens néerlandais.
  • Certains experts craignent même que la mesure ne soit conçue pour imposer les CBDC aux citoyens. « Cela est probablement lié aux CBDC prévues, où seuls les petits paiements seront encore anonymes, tandis que tous les paiements plus importants seront enregistrés et surveillés », a déclaré à l’époque Willem Middelkoop, investisseur et auteur bien connu, sur Twitter.
  • Certains pays prennent déjà des mesures plus poussées. Le Nigéria, par exemple, va bientôt limiter de manière drastique le montant des retraits d’espèces que les particuliers et les entreprises peuvent effectuer. Ceci est fait pour promouvoir la monnaie numérique de la banque centrale du pays, l’eNaira.

(CP)

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