Après les USA, les (médiocres) pneus chinois envahissent l’Europe

(Chinatopix via AP)

Les pneus de voiture ‘Made in China’ gagnent des parts de marché en Europe. Une étude publiée en 2019 par ‘Tire Business’ montre que les pneus chinois représentent 23% du marché européen, contre 4% au tournant du millénaire. Sur le marché des pneus de camions, la part de marché chinoise est même passée à 35%.

Les conséquences pour l’industrie européenne du pneumatique sont brutales. La semaine dernière, la société américaine Bridgestone a annoncé la fermeture d’un site de production à Béthune, en France: 863 emplois seraient ainsi perdus.

Les pneus chinois sont deux fois moins chers

La raison de ce succès n’est pas à chercher bien loin. Les pneus chinois sont environ deux fois moins chers que ceux de leurs concurrents occidentaux. Dans l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche, des experts estiment toutefois que leur qualité est médiocre. Par exemple, un pneu de voiture chinois a besoin de 40 mètres, par temps de pluie, pour stopper un véhicule qui roule à 50 km/h. Un pneu Bridgestone ou Michelin le fait en seulement 20 mètres.

Grâce au taux de change favorable du yuan chinois par rapport à l’euro, à la baisse des prix des matières premières et au dumping social dans les usines asiatiques, les producteurs chinois profitent d’un cocktail explosif.

Premier fabricant de pneus au monde, avec à peine une entreprise dans le top 10

Avec 35% de la production mondiale, la Chine est aujourd’hui le premier fabricant de pneus de voiture au monde. Fait remarquable, aucun producteur chinois (mais aux noms occidentaux comme Antares, Atlas, Sunny ou Goodride) ne fait partie du top 10 mondial, à une exception près: Pirelli, qui est passé aux mains de la société d’État ChemChina en 2015… Grâce bien sûr à un prêt très avantageux accordé par l’État chinois.

Après que les Chinois se soient taillé 29% du marché américain entre 2004 et 2008, l’administration Obama puis l’administration Trump ont imposé des droits antidumping, qui sont depuis passés à 80%. Cela a permis de stopper l’hémorragie. Au total, 700 mesures antidumping et antisubventions sont actuellement en vigueur aux États-Unis.

L’UE protège son marché de manière bien moins efficace, avec seulement une centaine de ces mesures. La Chine – comme d’habitude – ne joue pas le jeu de manière équitable. Par exemple, la marque de pneus bon marché Mazzini (39 euros le pneu) est commercialisée sur Internet sous le label ‘Made in Italia’. Ces pneus sont pourtant produits dans la banlieue de Shanghai… De plus, les lois antidumping sont souvent contournées en exportant d’abord des pneus semi-finis en Thaïlande ou au Vietnam. Ou alors en ouvrant des usines en Serbie, où les travailleurs gagnent 3,7 fois moins que dans l’UE.

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