Le nouvel eldorado des voitures rétros : « l’âge d’or » de l’automobile des années 90

Rouler dans une voiture qui a 25 ou 30 ans, ce n’est pas la nouvelle mode chez les hipsters, mais une vraie tendance de fond, qui conjugue plaisir de conduite et avantages fiscaux. Ainsi qu’une pointe de nostalgie.

Pourquoi est-ce important ?

Les millennials - les personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990 - sont de grands nostalgiques. Et si leur influence se fait sentir sur le marché de l'occasion, des appareils photo anciens aux consoles de jeux rétro, elle se porte de plus en plus sur le marché automobile, et sur les modèles de leur enfance en particulier.

La demande est là, l’offre suit (et les prix grimpent)

Les injonctions de plus en plus fortes à abandonner les carburants fossiles pour passer à l’automobile électrique ont beau être de plus en plus fortes, le marché de l’occasion n’est pas mort pour autant.

  • Les voitures lancées dans les années 90 bénéficient d’un second souffle grâce à un public bien particulier : les millennials, qui ont connu ces modèles dans leur enfance, et n’ont pas toujours les moyens de s’offrir une voiture neuve.
  • Conséquence : si la demande est là, le marché s’organise et l’offre apparaît. D’autant que, contrairement à d’autres générations de voitures, cet engouement ne se porte pas que sur des véhicules de luxe, mais aussi sur des modèles considérés comme plutôt ordinaires à l’époque. Et donc, les prix grimpent.
  • « Au cours des trois dernières années, les valeurs des voitures et des véhicules des années 1990 ont connu la plus forte augmentation de toutes les décennies » relève auprès de CNN Brian Rabold, vice-président de l’intelligence automobile chez Hagerty, une société qui suit de près le marché des voitures de collection. « La valeur des voitures de collection des années 1990 a augmenté en moyenne de 78 % au cours des trois dernières années, ce qui est énorme. »

Un peu de confort et beaucoup de mécanique

  • Le phénomène est logique : c’est 25 à 30 ans après la sortie d’un modèle de voiture que celui-ci est traditionnellement considéré comme un « ancêtre » et donc un potentiel objet de collection.
  • En outre, si une voiture perd de sa valeur rapidement avec le temps, celle-ci finit par atteindre un palier. Tant qu’elle fonctionne, seul son kilométrage importe encore. Et certaines reprennent de la valeur ensuite. Cette génération de l’automobile est arrivée précisément à ce point de bascule.
  • En outre, les voitures des années 1990 marquaient un grand tournant dans l’histoire de l’industrie automobile : c’est à cette époque que les constructeurs ont opté pour des véhicules de taille plus réduite, moins gourmands en carburant que leurs aînées des décennies précédentes, mais dans lesquelles ont avait encore l’impression de conduire un véhicule à moteur. Les engins de l’époque n’étaient pas encore farcis d’électronique, mais fonctionnaient encore avec des engrenages et des systèmes hydrauliques pour lesquels existe une certaine nostalgie.

« Beaucoup de gens pensent que l’âge d’or de l’automobile se situe dans les années 50 et 60, mais on peut dire que les années 90 sont en fait l’âge d’or. Vous aviez ce mélange de puissance élevée, de légèreté et de systèmes de sécurité minimaux qui en faisaient une combinaison très amusante. Les voitures modernes sont très confortables et merveilleuses, mais il s’agit davantage d’une sorte d’expérience de conduite. »

Randy Nonnenberg, cofondateur et président du site d’enchères en ligne de voitures de collection Bring a Trailer, cité par CNN

Le charme Old Timer

En Belgique et en Europe occidentale en général, le contexte est un peu moins permissif. Un nombre croissant de villes se déclarent « zone de basse émission« , bannissant de facto les vieux véhicules considérés comme trop polluants. C’est particulièrement le cas des moteurs diesel – vendus en leur temps comme plus propres – mais ceux à essence en sont victimes aussi. À titre d’exemple, Bruxelles interdit l’entrée aux Euro 4 en diesel (immatriculés avant 2011) et étendra la mesure aux Euro 2 essence (2001) et Euro 5 diesel (2015) dès 2025.

  • Pourtant, cet engouement existe aussi chez nous. Il suffit de faire un tour sur les sites des concessionnaires spécialisés, où l’ont trouve aisément un 4X4 Mitsubishi Pajero, une Vokswagen New Beetle, ou encore un Nissan Terrano, tous à moins de 6.000€.
  • En outre, notre pays propose un avantage intéressant pour les voitures dites ancêtres ou Old Timers ; chez nous, elles ne sont plus réservées aux manifestations autorisées, mais peuvent circuler sur toutes les routes, de jour comme de nuit, depuis 2013.
  • Enfin, le contrôle technique est moins exigeant que pour une voiture ordinaire et le coût d’une assurance sera aussi généralement moins élevé, signale Assurance.be. Et si le véhicule est considéré comme ancêtre, la taxe de circulation à payer annuellement s’élèvera forfaitairement à 37,91€.
  • Attention, pour introduire une demande de statut Old Timer pour une voiture, il faut que celle-ci ait au moins 25 ans… Sauf en Wallonie où cet âge a été relevé à 30 ans.
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