L’Allemagne peut-elle sauver Uniper ? Le gouvernement envisage la nationalisation d’une entreprise énergétique cruciale

Le gouvernement allemand pourrait prendre une participation majoritaire dans Uniper et serait ouvert à une nationalisation complète de l’entreprise. Cela serait peut-être nécessaire pour sauver le géant de l’énergie de l’effondrement.

Uniper SE est le plus grand importateur de gaz naturel en Allemagne. Sa santé est donc vitale pour le réseau énergétique allemand. Mais depuis que la guerre a commencé en Ukraine et que l’Europe est tombée dans une crise énergétique, Uniper est confrontée à des problèmes majeurs.

La société aurait besoin d’un soutien accru de la part de l’État, après avoir averti en juillet qu’elle pourrait subir des pertes considérables cette année. En août, Uniper a annoncé des pertes de plus de 12 milliards d’euros au cours du premier semestre 2022.

Mesures prises par le gouvernement

Le gouvernement allemand a déjà pris des mesures en juillet pour maintenir en vie le géant de l’énergie, après qu’Uniper menaçait de faire faillite en raison de ses énormes pertes. Olaf Scholz, le chancelier allemand, a annoncé que le gouvernement prendrait une participation de 30 % dans la société énergétique, contre une enveloppe de 15 milliards d’euros.

Aujourd’hui, cette participation pourrait encore augmenter, au-delà de la barre des 50 %. « La nationalisation est la seule solution qui reste, les ressources en capital d’Uniper sont complètement sous l’eau. Mathématiquement, il n’y a rien d’autre à faire », a déclaré à l’agence de presse Reuters une source ayant connaissance du dossier.

Après l’annonce de la nouvelle, le cours de l’action d’Uniper a chuté. Il s’élève à 4,01 euros au moment de la rédaction de cet article. C’est près de 90% de moins qu’en janvier, lorsque le prix tournait encore autour de 42 euros.

En suivant l’exemple de la France

La France a également dû reprendre un producteur d’électricité plus tôt cet été. Paris a ensuite décidé de (re)nationaliser le géant de l’énergie EDF, en raison des effets de la crise énergétique. L’État français détenait déjà une participation de 84 % dans EDF, l’un des plus grands producteurs d’électricité au monde.

Le gouvernement aurait débloqué quelque 10 milliards d’euros à cet effet. Cela serait nécessaire pour sortir le géant de l’énergie des difficultés. L’entreprise était confrontée à un certain nombre de problèmes: plusieurs projets de construction auraient largement dépassé les coûts estimés et auraient également pris du retard.

En outre, des problèmes de corrosion dans certains de ses réacteurs vieillissants avaient contraint l’entreprise à les fermer. La production d’énergie à partir de réacteurs nucléaires a atteint année son point le plus bas en trois décennies cette année, en partie à cause de ces travaux, mais aussi en raison de l’été exceptionnellement chaud.

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