Airbus rêve de faire voler ses avions… comme des oiseaux migrateurs

L’avionneur européen Airbus va procéder d’ici le mois de juin aux premiers essais réels de son projet ‘fello’fly’ qui s’inspire des oiseaux migrateurs pour diminuer la consommation de carburant.

Depuis toujours, l’Homme s’est inspiré de la nature pour imaginer de nouveaux outils, des plus simples aux plus complexes, et l’aviation n’a bien sûr pas fait exception. Le constructeur aéronautique Airbus en fournit une nouvelle preuve au travers de deux récents projets.

Le premier, intitulé ‘Bird of Prey’, est un avion conceptuel qui imite l’apparence et le vol d’un oiseau de proie: ‘plumes’ en bouts d’ailes, queue plate, etc. Airbus a imaginé cet engin futuriste comme un avion hybride, combinant énergie électrique et propulsion classique, afin de réduire la consommation énergétique et d’innover en s’inspirant de la nature.

‘Le Bird of Prey n’est pas un avion réel, mais il repose sur des concepts réalistes’, affirmait Airbus dans un communiqué l’été dernier. ‘Il représente tout le potentiel du biomimétisme.’

Aussi fascinant soit-il, un tel appareil n’est cependant pas prêt de voir le jour, au contraire d’un autre projet dévoilé fin 2019 par l’avionneur.

Les économes oiseaux migrateurs

Également inspiré par la nature et baptisé ‘fello’fly’, ce projet vise à faire voler deux avions en formation, à la manière des oiseaux migrateurs. Concrètement, un avion de tête est suivi par un second volant à une distance de trois kilomètres. Cette disposition permettrait de faire baisser de 5 à 10% la consommation de carburant.

‘C’est tout sauf anecdotique, puisqu’une tonne de carburant économisée, c’est trois tonnes de CO2 économisées’, explique Sandra Bour Schaeffer, directrice de l’activité Démonstrateurs chez Airbus, au journal français Le Figaro. Dans un contexte de ‘honte de prendre l’avion’ (‘flygskam’, en norvégien), qui a émergé ces dernières années, l’industrie aéronautique tente plus que jamais de verdir son image et ses performances.

‘Scientifiquement, le vol en ‘v’ des oiseaux migrateurs permet de réduire leurs efforts’, explique au Figaro Marc Weber, responsable de la filière aéronautique de l’école française d’ingénieurs ESTACA. ‘C’est la même chose qu’entre deux voitures ou deux cyclistes, celui de devant crée un phénomène d’aspiration pour celui de derrière, qui subit une moindre résistance. Dans le cas d’Airbus, l’avion de derrière nécessite donc moins de puissance et économise du carburant.’

Validation commerciale

‘Le défi d’Airbus est d’arriver désormais à rendre le projet opérationnel, notamment en assistant les pilotes ou en travaillant sur les distances entre chaque avion, qui peuvent différer selon les modèles’, détaille encore Sandra Bour Schaeffer. ‘Fello’fly est encore au stade du démonstrateur, il nous reste à travailler sur ses aspects techniques et commerciaux. On ne peut pas garantir à ce stade que ça soit 100% faisable, mais on y croit!’

Un essai réel doit avoir lieu au premier semestre 2020 et une ‘une vraie démonstration en vol avec des passagers et un de nos avions ‘suiveurs’ sur un vol long-courrier, type Europe-Etats-Unis’ est prévue pour la première partie de 2021, conclut Sandra Bour Schaeffer.

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