Accord final sur la réforme des pensions : quels changements pour votre pension ?

Vendredi, le gouvernement De Wever est parvenu à un accord sur les derniers détails de la réforme des pensions. Le bonus de pension sera notamment remplacé par un système qui pénalise les personnes qui prennent leur retraite trop tôt. Les personnes qui travaillent au-delà de l’âge de la retraite pourront bénéficier d’un supplément.


Principaux renseignements

  • Les partis au pouvoir sont parvenus vendredi à un accord final sur la réforme des pensions. Ils devaient encore modifier certains détails après que le Conseil d’État ait émis des réserves sur certaines mesures.
  • Jan Jambon, ministre des Finances, doit encore trouver une solution pour les femmes (ayant des horaires flexibles ou un emploi à temps partiel) qui ne peuvent actuellement pas échapper à la pénalité de retraite. Un contingent de cinq « jours de malchance » par an s’avère insuffisant pour ce groupe.
  • Grâce à la nouvelle réforme des pensions, il est désormais possible de prendre sa retraite après 42 ans de travail. Actuellement, cela n’est possible qu’après une carrière de 44 ans ou à partir de 63 ans après 42 ans de carrière. Certaines conditions s’appliquent toutefois.

Dans l’actualité : le gouvernement fédéral a donné son feu vert à la réforme des pensions de Jan Jambon (N-VA), ministre des Finances.

  • Bien que le Conseil d’État n’ait pas rejeté la réforme des pensions dans un avis rendu le mois dernier, l’organe consultatif a tout de même émis quelques réserves. Il s’est notamment interrogé sur les mesures qui font perdre beaucoup de droits à pension aux personnes concernées.
  • Afin de répondre aux préoccupations du Conseil d’État, le gouvernement a décidé d’introduire quelques « assouplissements » afin d’éviter que certains groupes ne soient trop durement touchés.

Nouvelle prime de pension

Explication (1) : Au début de cette année, le gouvernement De Wever a remplacé la prime de pension de la législature précédente par son propre système.

  • Les personnes qui travaillent au-delà de l’âge de la retraite (66 ans, ou 67 ans à partir de 2030) et qui ont suffisamment d’années de travail à leur actif (35 ans de 156 jours travaillés ou assimilés) peuvent augmenter leur pension.
  • Le montant de la prime que vous accumulez dépend de deux facteurs : votre année de naissance et le nombre de mois de report après votre âge légal de départ à la retraite.
    • Les personnes nées en 1962 ou avant bénéficient d’une prime de 2 pour cent par année de report. Pour les personnes nées entre 1963 et 1972, cette prime est de 4 pour cent par année de report. Pour celles nées en 1973 ou après, elle est de 5 pour cent.

Mais attention : à partir de 2027, un malus sera également ajouté à ce système. Les personnes qui ne travaillent pas suffisamment et prennent leur retraite trop tôt perdront une partie de leur pension en raison du malus.

  • Concrètement, vous perdrez 2 pour cent du montant de votre pension si vous cessez de travailler trop tôt. Ces pourcentages seront augmentés au cours des années suivantes pour atteindre 4 pour cent (à partir de 2030) et 5 pour cent (à partir de 2040).

Remarque : certaines inquiétudes ont été exprimées quant à l’impact de la réglementation ci-dessus sur les femmes, car elles travaillent plus souvent à temps partiel.

  • Afin d’en limiter quelque peu l’impact, le gouvernement a prévu un contingent de 5 « jours de malchance ». Vous pouvez les utiliser si vous n’avez pas travaillé suffisamment de jours pendant une ou plusieurs années pour atteindre les 156 jours requis.
  • Le cd&v a demandé à Jambon d’augmenter le nombre de jours de malchance, mais le ministre campe sur ses positions. Il va toutefois chercher une autre solution d’ici la fin du mois. Une option serait que le service des pensions fasse preuve de souplesse dans ces cas et prenne tout de même en compte les années pendant lesquelles les personnes concernées n’ont pas travaillé 156 jours.

Des règles plus souples pour ceux qui prennent une retraite anticipée

Explication (2) : Le gouvernement De Wever assouplit les règles pour ceux qui souhaitent prendre une retraite anticipée.

  • À partir de l’année prochaine, il suffira d’avoir 42 années de travail à son actif pour pouvoir prendre sa retraite. Cela signifie que ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans pourront prendre leur retraite à 60 ans. Actuellement, cela n’est possible qu’après une carrière de 44 ans ou à partir de 63 ans après 42 ans de carrière.
  • Certaines règles s’appliquent toutefois pour pouvoir mettre un terme à sa carrière plus tôt. Jambon a renforcé ces conditions. Ainsi, il faut avoir travaillé au moins 234 jours par an pour pouvoir prendre une retraite anticipée après 42 ans de travail. Pour pouvoir prendre une retraite anticipée après 44 ans, il suffit d’avoir travaillé 156 jours par an.
    • En cas de départ à la retraite après 44 ans, le gouvernement prend en compte la maladie, le chômage et le crédit-temps motivé comme « périodes travaillées ».
    • En cas de départ à la retraite après 42 ans, seuls le congé de maternité, le chômage temporaire et le service militaire sont considérés comme des « périodes travaillées ».
    • Mais : le gouvernement souhaite limiter à 20 pour cent maximum les périodes assimilées prises en compte. Les congés de soins et de maladie continueraient toutefois à être pris en compte dans leur intégralité. Cette limitation à 20 pour cent ne s’applique toutefois pas aux personnes bénéficiant d’une pension minimale et à celles qui ont perçu une allocation de garantie de revenus au cours de leur carrière.
  • Tout comme pour la prime de pension, nous disposons d’un pot de cinq jours de réserve pour compléter les années de carrière au cours desquelles nous ne remplissons pas la condition de travail de 156 jours. Là encore, le ministre Jambon cherche des mesures supplémentaires pour ceux pour qui ces cinq jours ne suffisent pas.

Mais : au cours de la première année de carrière, vous ne devez avoir travaillé que 104 jours.

  • Le gouvernement introduit cet assouplissement car de nombreux Belges ne commencent pas à travailler en janvier lors de leur première année de travail, mais souvent plus tard dans l’année.

Impact sur MyPension

Autre chose : dès que la réforme des pensions aura été approuvée par le Parlement, vous ne pourrez plus consulter votre date de pension estimée et le montant de votre pension sur mypension.be pendant plus d’un an. En effet, le Service fédéral des pensions doit adapter les programmes de calcul à la nouvelle législation.

  • À la place, le Service des pensions lancera une page d’information contenant une série de questions fréquemment posées, intitulée « Que signifie la réforme pour vous ? ». Vous y trouverez notamment des réponses à des questions sur le bonus et le malus.
  • Entre mi-2026 et fin 2027, de nouvelles informations seront progressivement mises à disposition sur mypension.be. Ce n’est qu’à la fin de l’année 2027 que toutes les estimations, telles qu’elles existent aujourd’hui, seront à nouveau disponibles.

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