Accessibilité, autonomie et transparence: voici la nouvelle stratégie de l’UE pour son secteur pharmaceutique

Des médicaments et des drogues variées
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Mercredi, l’Union Européenne présentera son plan stratégique sur cinq ans concernant le futur de son secteur pharmaceutique. Euractiv a déjà pu le consulter.

En pleine pandémie, cette nouvelle stratégie de l’Union européenne est évidemment très attendue. Elle vise à ‘pérenniser’ le secteur européen des soins de santé.

‘Nous devons construire une Union européenne de la santé qui soit plus forte’, avait annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en septembre dernier, à l’occasion de son discours sur l’Etat de l’Union 2020.

Pour la commissaire européenne à la Santé, Stélla Kyriakídou, la stratégie de l’UE en matière pharmaceutique doit constituer une ‘pierre angulaire’ de cette politique.

Des médicaments plus abordables

L’UE veut améliorer l’accessibilité des médicaments. Elle est évidemment consciente que les règlementations relatives à leur prix et à leur remboursement dépendent des lois nationales. Néanmoins, l’exécutif européen compte s’attaquer au manque de transparence et de consensus concernant les principes de calcul des coûts. Il compte proposer aux pays de l’UE des mesures non législatives, telles que des lignes directrices concernant aux méthodes de calcul des coûts.

De plus, l’UE va revoir son système d’incitations pharmaceutiques dans le but, notamment, d’améliorer l’accès aux médicaments génériques et biosimilaires. Dans son document, elle indique que ces médicaments offrent des traitements abordables à un grand nombre de patients et qu’ils permettent de réaliser des économies sur les coûts de santé grâce à leur effet positif sur les prix de la concurrence.

Dans sa nouvelle stratégie, l’Union va également se pencher sur les dépenses en médicaments faites par les hôpitaux, qui augmentent rapidement et qui ne font toutefois pas encore l’objet d’un rapport complet au niveau de l’UE. Les budgets pharmaceutiques représentent 20 à 30% des dépenses hospitalières. Ils augmentent bien plus rapidement que les achats de médicaments au détail.

Une UE autonome

Autre grand pan de ce plan, la volonté de l’Union de gagner en autonomie. La pandémie de coronavirus a montré ses limites en matière d’approvisionnement de médicaments. L’UE souhaite augmenter la production de médicaments sur son territoire, afin d’éviter d’autres pénuries.

A cet effet, la Commission va préconiser ‘des obligations plus strictes en matière d’approvisionnement et de transparence, une notification plus rapide des pénuries et des retraits, une transparence accrue des stocks et une coordination plus forte de l’UE permettant de surveiller, de gérer et d’éviter les pénuries’.

Avant de lancer des actions politiques en ce sens, l’exécutif européen entamera des discussions avec les différents acteurs concernés, aussi bien au niveau des fabricants que des autorités publiques, afin d’identifier précisément les points sur lesquels le bât blesse.

Recherche plus ciblée

Enfin, le troisième grand axe de la nouvelle stratégie de l’Union concerne l’innovation. Le but est de mettre en place des incitants permettant de stimuler la recherche vers les secteurs dans lesquels les besoins médicaux sont réels. ‘Les priorités de recherche doivent être alignées sur les besoins des patients et des systèmes de santé’, souligne le document. L’UE cite comme exemples les maladies neurodégénératives rares et les cancers pédiatriques.

Dans un contexte plus global, l’UE veut booster l’innovation pharmaceutique, qu’elle considère comme essentielle, tant pour la création d’emplois, que pour le commerce et la science. Pour ce faire, elle vise à créer un ‘environnement réglementaire stable et souple’ qui offre une sécurité juridique pour les investissements et qui s’adapte aux tendances technologiques.

Innovation facilitée

L’Union veut tendre vers une uniformisation des règlementations nationales en matière d’innovation, notamment concernant l’utilisation des OGM dans la production des médicaments, domaine dans lequel « la fragmentation des exigences nationales entrave les essais cliniques ».

Pour ce faire, l’UE va mettre en place un ‘système interconnecté qui donne accès à des données comparables et interopérables sur la santé dans toute l’UE’.

Enfin, soulignons que l’UE met l’accent sur la numérisation et l’intelligence artificielle, ainsi que sur l’augmentation des partenariats public-privé et public-public.