Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni et l’UE intègrent leurs systèmes d’échange de quotas d’émission afin d’éliminer les taxes frontalières redondantes.
- Les secteurs industriels gagnent en compétitivité grâce à une simplification administrative et à la reconnaissance mutuelle des émissions.
- Des tensions politiques persistent concernant la hausse des prix du carbone et l’harmonisation réglementaire avec Bruxelles.
Les dernières touches sont en train d’être apportées à un accord novateur visant à intégrer les systèmes d’échange de quotas d’émission de CO₂ du Royaume-Uni et de l’Union européenne. Les deux régions devraient conclure un accord sur la reconnaissance mutuelle de leurs quotas d’émission. Qui sera annoncé lors du sommet prévu le 20 novembre à Bruxelles. Cette harmonisation présente un avantage majeur. Les marchandises échangées entre le Royaume-Uni et l’UE devraient échapper à leurs mécanismes respectifs d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Dont l’entrée en vigueur est prévue en 2026 et 2027.
Protéger la compétitivité industrielle
En harmonisant ces marchés, les deux grandes puissances souhaitent protéger les secteurs à forte intensité énergétique, notamment le ciment, les engrais, l’aluminium et l’acier, contre des taxes carbone superflues. Une telle mesure vise à préserver la compétitivité industrielle et à rationaliser les procédures administratives pour les entreprises qui exportent outre-Manche. Selon les experts, la fusion de ces systèmes permettrait d’élargir le marché global du carbone. Cela pourrait entraîner une augmentation de l’offre de quotas d’émission et simplifier les procédures commerciales pour les entreprises.
Inquiétudes concernant la tarification du carbone
Cette proposition se heurte toutefois à la résistance de certaines personnalités britanniques. Ainsi, le député britannique David Tufnell a exprimé sa crainte que cet alignement ne contraigne les prix du carbone au Royaume-Uni à augmenter pour s’aligner sur les tarifs européens plus élevés. Étant donné que le Royaume-Uni attribue moins de quotas d’émission gratuits que l’UE, les entreprises britanniques pourraient, selon lui, se retrouver dans une situation de concurrence désavantageuse. Cette inégalité pourrait alors entraîner une « fuite de carbone ». Les entreprises transféreraient alors leurs activités et leurs emplois vers des pays où les coûts sont moins élevés. Sans pour autant diminuer la pollution à l’échelle mondiale.
Frictions politiques
Outre les préoccupations économiques, l’accord touche également aux tensions politiques liées au Brexit. L’intégration exige que le Royaume-Uni aligne sa réglementation sur celle de Bruxelles, une perspective qui reste controversée parmi ceux qui aspiraient à une indépendance totale vis-à-vis de la législation de l’UE. De plus, les deux systèmes divergent actuellement quant à la manière dont ils traitent les émissions des bâtiments et du transport routier. Le futur système européen « ETS2 », qui entrera en vigueur en 2029, devrait entraîner une hausse des coûts de chauffage et de carburant. Cela pourrait à son tour susciter encore davantage de critiques de la part de l’opinion publique si le Royaume-Uni adoptait des mesures similaires.
Dégel diplomatique
Malgré ces obstacles, cette avancée témoigne d’un dégel diplomatique entre Londres et Bruxelles. Pour l’UE, cet accord étend son influence sur la tarification du carbone et permet d’éviter les fuites de marché. Pour le Royaume-Uni, il offre un moyen pragmatique de réduire les barrières commerciales et de garantir l’accès au marché sans réintégrer officiellement l’Union. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de changement de l’opinion publique. En effet, des sondages récents indiquent qu’une majorité de Britanniques est désormais favorable à une réintégration dans l’Union européenne. (ev)
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