La Banque du Canada relève son taux directeur à 2,5 pour cent pour lutter contre l’inflation


Principaux renseignements

  • La Banque du Canada a relevé son taux directeur à 2,5 pour cent pour lutter contre l’inflation.
  • Les tensions géopolitiques avec l’Iran alimentent la hausse des coûts énergétiques et l’instabilité économique.
  • La volatilité des échanges commerciaux avec les États-Unis complique les perspectives de croissance à long terme du Canada.

Afin de protéger l’économie contre l’escalade de l’inflation alimentée par la hausse des coûts du pétrole, la Banque du Canada a relevé mercredi son taux directeur à 2,5 pour cent. Cet ajustement d’un quart de point marque la première hausse des taux de la part de l’institution depuis juillet 2023, période durant laquelle la priorité était de stabiliser les prix à la suite de la pandémie mondiale.

Gérer les pressions géopolitiques

La banque centrale doit actuellement composer avec deux forces économiques contradictoires, toutes deux liées aux politiques du président américain Donald Trump.

Alors qu’un conflit commercial avec les États-Unis a érodé l’optimisme des entreprises et entraîné du chômage dans des secteurs clés, les tensions déclenchées par l’administration Trump avec l’Iran ont provoqué une flambée des coûts énergétiques.

Commerce

Selon la banque, certains signes indiquent que les entreprises nationales s’adaptent à la nouvelle dynamique commerciale avec les États-Unis, ce qui pourrait se traduire par une croissance supérieure aux prévisions initiales.

Toutefois, les responsables ont averti que la pression inflationniste exercée par les prix de l’énergie ne montre aucun signe d’atténuation, soulignant que le conflit au Moyen-Orient, qui dure depuis huit mois, ne semble pas près de trouver une issue.

Prévenir une spirale des prix

Le gouverneur Tiff Macklem a expliqué que, bien que la banque ne puisse pas réduire le coût du carburant pour les automobilistes, son objectif est d’empêcher que ces hausses des prix de l’énergie ne déclenchent une augmentation plus générale du coût d’autres produits de base.

Incertitude diplomatique

La stabilité de l’économie canadienne reste fortement tributaire du commerce avec les États-Unis, dont l’avenir est incertain. Bien qu’il ait brandi la menace de sanctions économiques importantes à l’encontre du Canada, le président Trump a récemment laissé entendre, lors d’un meeting électoral dans le Michigan, qu’un nouvel accord commercial était imminent.

En réponse, le Premier ministre Mark Carney a indiqué que, si le Canada était ouvert aux négociations, un certain scepticisme subsistait quant à la volonté du gouvernement américain de respecter les termes finaux de l’accord.

Approche monétaire prudente

Interrogée sur la question de savoir si une seule hausse des taux suffirait à maîtriser l’inflation, la vice-gouverneure Carolyn Rogers a insisté sur l’instabilité actuelle.

Elle a fait remarquer que, même si un règlement soudain des différends commerciaux ou des tensions au Moyen-Orient est possible, de tels dénouements ont peu de chances de se produire rapidement, ce qui nécessite une approche prudente.

(at)

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