L’UE rejette la proposition visant à obliger les fonds de pension à investir dans des start-ups européennes


Principaux renseignements

  • Les législateurs européens ont rejeté une proposition visant à obliger les fonds de pension à investir un pourcentage minimum de leurs actifs dans des start-ups.
  • Les fonds de pension conservent une autonomie totale quant à leurs stratégies d’investissement à risque.
  • L’opposition du secteur et des législateurs européens a empêché que les réserves de retraite soient obligatoirement utilisées pour financer des objectifs publics.

L’Union européenne ne pourra pas obliger les fonds de pension européens à allouer un pourcentage spécifique de leurs actifs au capital-risque. Des documents préliminaires de la commission des affaires économiques et monétaires révèlent qu’une proposition du député européen Volt Damian Boeselager a été rejetée. Il souhaitait obliger les fonds de pension à investir au moins 2 pour cent de leurs actifs dans des start-ups européennes. C’est ce que rapporte le Financieele Dagblad.

Les fonds de pension de toute l’UE conservent ainsi la liberté de déterminer eux-mêmes comment ils investissent dans les scale-ups et autres jeunes entreprises.

Opposition aux quotas d’investissement

La Commission européenne souhaitait mobiliser les importantes réserves des fonds de pension afin de renforcer la compétitivité économique du continent. Ce projet s’est toutefois heurté à une vive opposition tant de la part des législateurs européens que des gestionnaires de fonds de pension.

Pour les grandes institutions, un tel quota aurait représenté une obligation financière considérable. Le fonds de pension néerlandais ABP, par exemple, aurait été contraint d’investir environ 11 milliards d’euros en capital-risque.

Opposition du secteur

Harmen van Wijnen, directeur de l’ABP, s’est prononcé contre la tentative de l’UE d’imposer des directives plus strictes en matière de transparence et de répartition des risques, arguant que les fonds de pension ne doivent pas être traités comme des distributeurs automatiques de billets au service des pouvoirs publics ou des entreprises. Malgré cette opposition, l’ABP a déjà alloué, de sa propre initiative, 1 milliard d’euros à des initiatives de capital-risque en Europe.

Prochaines étapes pour le cadre européen

Avec plus de 1 170 milliards d’euros sous gestion selon la De Nederlandsche Bank, les fonds néerlandais représentent une part importante des capitaux que l’UE espérait mobiliser.

Le Parlement européen devrait se prononcer sur ces mesures début novembre, après quoi des négociations officielles entre la Commission, le Conseil et le Parlement débuteront. Un cadre juridique définitif est attendu début 2027 ou fin 2026. (lv)

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