Un groupe de réflexion britannique plaide en faveur du retour du Royaume-Uni dans l’UE


Principaux renseignements

  • Selon le groupe de réflexion britannique IPPR, le Royaume-Uni a besoin de son adhésion à l’UE pour faire face à l’instabilité politique mondiale.
  • L’opinion publique est favorable à une réadhésion, même si la crainte de l’immigration reste un obstacle.
  • Une réadhésion stratégique offre davantage de pouvoir réel qu’une neutralité isolée.

L’Institute for Public Policy Research (IPPR), un groupe de réflexion britannique, affirme que le Royaume-Uni ne peut pas faire face à l’instabilité mondiale actuelle sans réintégrer l’Union européenne. L’organisation évoque notamment les troubles politiques aux États-Unis et l’attitude hostile de la Russie. C’est ce que rapporte The Guardian.

Cette recommandation fait suite à des appels similaires lancés par le Tony Blair Institute et par le Premier ministre britannique Andy Burnham. La pression s’intensifie donc sur Burnham pour qu’il envisage une réintégration à l’issue de son évaluation politique en cours.

Plaidoyer en faveur d’un retour stratégique

Selon Harry Quilter-Pinner, directeur exécutif de l’IPPR, le gouvernement actuel a certes réussi à rétablir certains liens avec l’Europe, mais ces accords fragmentaires sont insuffisants.

Il estime qu’un référendum immédiat n’est certes pas nécessaire, mais que le gouvernement doit commencer à jeter les bases politiques d’une éventuelle adhésion.

Risques de l’isolement

Le groupe de réflexion critique la position antérieure de Keir Starmer, l’ancien Premier ministre, qui prônait une coopération plus étroite sans adhésion au marché unique ni à l’Union. Selon l’IPPR, la quête d’indépendance rend le Royaume-Uni vulnérable, d’autant plus que la Chine gagne en influence et que les États-Unis deviennent de plus en plus imprévisibles.

Ils affirment qu’une véritable autonomie est impossible si un pays ne dispose pas du pouvoir effectif nécessaire pour imposer sa volonté, et suggèrent que la neutralité n’est qu’une tactique de survie plutôt qu’une voie vers la prospérité.

Opinion publique

De plus, le rapport suggère que, compte tenu de l’évolution radicale du paysage mondial depuis 2020, un retour signifierait en substance adhérer à une version renouvelée de l’UE plutôt que de revenir à l’ancienne.

L’opinion publique semble aller dans ce sens ; les données montrent que 52 pour cent de la population britannique est favorable à une réadhésion, tandis que seulement 29 pour cent s’y oppose. Il est frappant de constater que les électeurs accordent surtout de l’importance à des passages de frontières plus souples. Cet aspect joue un rôle plus important que les avantages économiques ou la possibilité de travailler librement dans d’autres États membres.

Barrière à l’immigration

L’étude souligne toutefois que le soutien de l’opinion publique est sensible aux déclarations sur l’immigration. Lorsque l’on avance l’idée qu’un retour dans l’UE entraînerait un afflux de migrants, ce soutien chute à 47 pour cent.

Cela suggère que les mises en garde contre un afflux incontrôlé de migrants ont plus d’impact que les explications sur le principe juridique de la libre circulation.

Objections politiques

Si plusieurs responsables gouvernementaux sont favorables à l’idée d’un retour dans l’Union, une certaine appréhension persiste.

La principale crainte est qu’une telle démarche ne redonne de l’élan à Reform UK et à son chef de file, Nigel Farage. Et ce, malgré les problèmes internes auxquels le parti est confronté, notamment des scandales financiers et des accusations de racisme. (lv)

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