Principaux renseignements
- La Commission européenne s’efforce de réduire l’énorme déficit commercial avec la Chine.
- De nouveaux accords fixent un plafond aux importations de voitures chinoises tout en stimulant les exportations européennes.
- Les États membres de l’UE sont désormais favorables à une position plus ferme et unanime en matière de mesures de défense commerciale.
Dans le but de réduire l’important déficit commercial avec la Chine, la Commission européenne s’efforce d’accroître les exportations de produits laitiers et de viande de porc européens vers la Chine. Parallèlement, elle souhaite limiter les importations de produits chimiques et de machines chinois. C’est ce que rapporte Rapporteur.
Lors d’un récent sommet à Bruxelles, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a présenté cette stratégie aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Ceux-ci ont globalement soutenu le projet visant à combiner des négociations diplomatiques avec une politique plus ferme de protection du commerce européen.
Accords commerciaux stratégiques
Les progrès récents se traduisent notamment par un accord conclu par le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič. À l’issue de discussions intensives à Pékin, les deux parties ont convenu de limiter les importations annuelles de voitures hybrides chinoises à 350 000 unités à partir de 2027.
Il s’agit d’une baisse considérable par rapport aux 800 000 unités dont l’importation est prévue cette année. En contrepartie, la Chine s’est engagée à acheter pour environ 4 milliards d’euros de produits européens, notamment de l’huile d’olive, des glaces, des pièces automobiles et des chaussures.
Un modèle pour les négociations futures
Les responsables reconnaissent que cet accord ne constitue qu’un petit pas, compte tenu du déficit commercial de 360 milliards d’euros enregistré l’année dernière. Il n’en reste pas moins que cet accord peut servir de modèle pour les futures négociations concernant le secteur chimique et la construction mécanique.
La Commission, et Šefčovič en particulier, ont été largement félicités par les États membres pour cette approche pragmatique.
Consensus européen sur le commerce
Un consensus se dessine de plus en plus parmi les pays de l’UE pour adopter une position plus ferme. L’Allemagne et la France ont récemment plaidé en faveur de mesures plus strictes, ce qui marque un changement politique notable pour Berlin.
Même l’Espagne, grand exportateur de viande de porc vers la Chine, s’est ralliée à cette tendance. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a déclaré que le déficit commercial actuel était insoutenable pour l’économie européenne.
Faire face aux mesures de rétorsion
Les efforts européens visant à obtenir un meilleur accès au marché chinois interviennent à un moment où l’UE est confrontée à des mesures de rétorsion. Après l’instauration par l’UE de droits de douane sur les véhicules électriques, la Chine a elle-même imposé, plus tôt cette année, des droits de douane sur les produits laitiers et la viande de porc européens.
Pour surmonter ces obstacles, la Commission a annoncé que Denis Redonnet, directeur général adjoint chargé du commerce à la Commission européenne, se rendra à Shanghai dans trois semaines afin de négocier de meilleures conditions d’exportation. (lv)
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