Principaux renseignements
- Google teste des centres de données d’IA en orbite pour exploiter l’énergie solaire abondante.
- Le projet Suncatcher évalue si du matériel spécialisé peut résister aux rayonnements et aux températures extrêmes.
- L’informatique spatiale réduit la pression électrique massive qui pèse sur les réseaux électriques terrestres.
Google étudie la possibilité de délocaliser dans l’espace ses centres de données dédiés à l’intelligence artificielle (IA). L’entreprise souhaite ainsi répondre aux besoins énergétiques croissants liés au traitement de données à grande échelle. Dans le cadre de l’initiative « Project Suncatcher », le géant de la technologie a récemment lancé un satellite prototype équipé de ses propres unités de traitement Tensor (TPU). Ce satellite, développé en collaboration avec Planet Labs et lancé dans le cadre d’une mission SpaceX, sert d’environnement de test pour déterminer si le matériel d’IA est capable de résister aux conditions extrêmes en orbite autour de la Terre, notamment aux rayonnements intenses et aux fortes variations de température.
L’énergie durable
Le principal moteur de ce projet est l’abondance d’énergie solaire disponible en orbite basse autour de la Terre. Celle-ci peut fournir jusqu’à huit fois plus d’énergie qu’au sol. Cela revêt une importance cruciale, notamment parce que les charges de travail liées à l’IA font grimper la consommation électrique des centres de données. À l’heure actuelle, les centres de données dédiés à l’IA représentent jusqu’à 2,5 pour cent de la consommation mondiale d’électricité, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2030. De plus, le transfert des infrastructures dans l’espace pourrait atténuer la résistance croissante de l’opinion publique à l’égard des centres de données terrestres. Ceux-ci sont souvent critiqués pour surcharger les réseaux énergétiques locaux et augmenter les coûts énergétiques.
Une frontière orbitale concurrentielle
Google s’inscrit dans une tendance croissante d’initiatives en matière d’IA dans le secteur aérospatial. Parmi les autres acteurs de ce domaine, on peut citer la start-up Starcloud, soutenue par Nvidia, qui a réussi l’année dernière à entraîner un modèle d’IA dans l’espace. Par ailleurs, SpaceX, la société d’Elon Musk, est également active dans ce domaine. Elle a récemment présenté le satellite «Starmind», un cluster volant de GPU. Mistral a également conclu un partenariat avec Loft Orbital et Marlan Space afin de lancer sa propre infrastructure satellitaire dédiée à l’IA.
La résilience du matériel
La phase initiale de l’expérience de Google s’est concentrée sur les contraintes physiques liées au processus de lancement. Le matériel a résisté avec succès à des accélérations extrêmes et à de violentes vibrations, y compris des chocs atteignant 100 g. La phase actuelle de la mission consiste à observer comment les rayons cosmiques et le rayonnement solaire affectent l’intégrité électrique des puces TPU.
Les obstacles thermiques et de connectivité
Outre l’alimentation électrique et les rayonnements, le vide spatial pose des défis thermiques uniques. Contrairement aux centres terrestres qui dépendent fortement de l’eau pour leur refroidissement, l’équipe Suncatcher mène des expériences avec des radiateurs et des caloducs afin de réguler la température. À l’avenir, Google prévoit de lancer davantage de satellites l’année prochaine afin de tester la connectivité à haut débit sur de courtes distances. L’entreprise souhaite ainsi passer d’une connectivité de base à un réseau avancé et interconnecté de processeurs d’IA en orbite autour de la Terre. (ev)
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