L’Arabie saoudite prévoit une offensive contre les Houthis pour reprendre le contrôle de la voie maritime de la mer Rouge


Principaux renseignements

  • L’Arabie saoudite prévoit de lancer une campagne militaire visant à reprendre aux rebelles houthis les principales voies maritimes de la mer Rouge.
  • Ses alliés internationaux fournissent des renseignements et une aide à la défense, mais refusent de participer directement aux combats.
  • La fragmentation des milices locales menace le succès global de l’offensive.

L’Arabie saoudite prépare une campagne militaire contre les rebelles houthis, alliés à l’Iran, au Yémen, afin de reprendre le contrôle des voies maritimes cruciales de la mer Rouge. Selon plusieurs sources occidentales et régionales citées par Reuters, Riyad envisage deux stratégies principales. Il s’agirait soit d’une opération ciblée visant à reprendre le détroit de Bab el-Mandeb, soit d’une offensive plus large sur plusieurs fronts s’étendant aux provinces d’Al-Jawf, de Taïz, de Marib et d’Al-Bayda. Selon l’ampleur choisie, la mobilisation pourrait concerner plus de 100 000 soldats yéménites.

Soutien international

L’opération prévue, qui devrait débuter prochainement, s’appuiera sur des forces terrestres yéménites dirigées par l’Arabie saoudite, soutenues par des frappes aériennes saoudiennes. Les États-Unis fournissent des renseignements et des données sur les cibles, tandis que d’autres partenaires européens et régionaux mettent également à disposition des moyens défensifs. Il ne devrait toutefois pas y avoir d’intervention directe de ces alliés dans les combats. Selon certaines informations, le président américain Donald Trump aurait rejeté les demandes du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane visant à obtenir un soutien aérien américain direct.

Détroit de Bab el-Mandeb

L’urgence stratégique découle de la récente prise par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, une artère maritime vitale qui relie l’Asie à la Méditerranée. Riyad considère ce gain territorial comme un avantage géopolitique considérable pour les Houthis, rendant impossible toute poursuite des négociations de paix tant que le détroit n’aura pas été libéré. Certains analystes suggèrent que cette mission sera plus modeste que l’intervention de 2015. L’accent sera principalement mis sur le rétablissement du statu quo maritime plutôt que sur une défaite totale des militants.

Alliances défensives

Afin de protéger ses propres frontières et ses infrastructures énergétiques contre des attaques de représailles menées à l’aide de drones et de missiles, l’Arabie saoudite a sollicité une aide défensive de grande envergure. Le Pakistan a dépêché des dizaines de milliers de militaires dans le royaume pour assurer la surveillance des frontières et mener des opérations d’interception, tout en fournissant de l’artillerie, des systèmes de défense aérienne et des drones au gouvernement yéménite provisoire d’Aden. La Turquie a également fourni des drones, et la France a déployé des troupes et du matériel de défense pour protéger le port de Yanbu.

Risques internes

Malgré ces préparatifs, le succès de l’offensive reste incertain en raison de la fragmentation des forces yéménites anti-Houthis. Des conflits internes, notamment des affrontements antérieurs entre les factions soutenues par l’Arabie saoudite et celles soutenues par les Émirats arabes unis, ont nui à leur cohésion. Les experts avertissent que l’efficacité de la campagne dépendra entièrement de la capacité de ces milices locales disparates à agir comme une force militaire disciplinée contre les Houthis. (ev)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus