Les attaques d’ours bruns se multiplient en Russie alors que leur population double


Principaux renseignements

  • Les populations d’ours bruns en Russie ont doublé depuis 1990, provoquant une recrudescence des rencontres mortelles avec des humains.
  • La pénurie de nourriture et les déchets humains poussent les ours agressifs à s’aventurer dans les zones peuplées.
  • Les efforts d’abattage menés par le gouvernement échoueront si les citoyens n’améliorent pas leurs habitudes en matière d’élimination des déchets et de camping.

Une recrudescence des rencontres mortelles avec des ours bruns a touché plusieurs territoires russes fin août et début septembre 2026. Selon les données du ministère des Ressources naturelles, la population d’ours bruns a plus que doublé depuis 1990, pour atteindre aujourd’hui environ 307 900 individus. Cette croissance est particulièrement marquée dans des régions telles que le Kamtchatka, l’oblast d’Irkoutsk, le kraï de Khabarovsk et le kraï de Krasnoïarsk.

Décès

La violence s’est intensifiée sur une période de trois semaines, avec plusieurs décès recensés. Dans la République de l’Altaï, le 19 août, une femme de 29 ans a été tuée alors qu’elle se reposait dans une tente.

Plus tard, dans le kraï de Krasnoïarsk, deux femmes ont disparu alors qu’elles cueillaient des champignons le 31 août et ont été retrouvées mortes deux jours plus tard. Peu après, un homme de 40 ans a été tué sur le même territoire. Par ailleurs, un incident mortel impliquant un éleveur de bétail s’est produit en Bouriatie le 7 septembre.

Facteurs à l’origine de ce comportement agressif

Les experts estiment que ce comportement anormal résulte d’une combinaison de facteurs, notamment le manque de sources de nourriture naturelles dans la taïga, l’attrait des déchets humains, les feux de forêt et la concurrence intense pour l’espace due à l’augmentation de la population. En conséquence, les ours s’aventurent de plus en plus dans les zones peuplées.

Réaction des pouvoirs publics

En réponse, les autorités du Kamtchatka, du kraï de Krasnoïarsk et de l’oblast de Kemerovo ont instauré des couvre-feux, des restrictions de déplacement et un état d’alerte maximale. Afin d’atténuer le danger, des opérations d’abattage massif ont été autorisées, entraînant la mort de plus de 180 ours dans le kraï de Krasnoïarsk et de plus de 50 dans la République de l’Altaï.

Les dirigeants régionaux font désormais pression pour que les lois fédérales soient mises à jour afin de faciliter l’élimination des animaux sauvages agressifs, une demande que le ministère des Ressources naturelles examine actuellement. Néanmoins, les biologistes avertissent que l’abattage des animaux ne résoudra pas la crise tant que les gens ne cesseront pas de camper de manière inappropriée et de jeter leurs déchets n’importe où.

Impact de la guerre sur la nature

Dans une autre étude écologique, des chercheurs ont utilisé des pièges photographiques dans la zone d’exclusion de Tchernobyl afin d’évaluer l’impact de l’invasion russe de 2022. Publiée dans la revue Science, cette étude a révélé que l’artillerie, les mouvements de troupes et les engins lourds avaient entraîné une diminution significative de l’activité nocturne de mammifères tels que l’élan, le renard roux et diverses espèces de cerfs. Ces résultats mettent en évidence les dommages environnementaux considérables que la guerre moderne inflige aux habitats faunistiques protégés. (fc)

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