La France revoit drastiquement à la baisse ses prévisions de croissance alors que le déficit budgétaire dépasse les 5 pour cent


Principaux renseignements

  • La France a revu fortement à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, les ramenant à seulement 0,5 pour cent.
  • Les déficits publics dépasseront inévitablement le seuil des 5 pour cent.
  • Les experts préviennent que l’annulation de la dette de la banque centrale entraînerait un défaut souverain.

La France a considérablement revu à la baisse ses prévisions de croissance économique et a admis que son déficit public dépasserait le seuil des 5 pour cent. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a révélé que la croissance actuelle ne représente que la moitié de ce qui avait été initialement prévu lors de l’élaboration du budget. Les prévisions officielles de croissance pour 2026 ont été revues à la baisse pour la troisième fois cette année, passant d’un taux initial de 1 pour cent en janvier et de 0,7 pour cent en juillet à une estimation actuelle de 0,5 pour cent.

Ces chiffres concordent étroitement avec un rapport publié le 10 septembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui estimait la croissance à 0,4 pour cent, faisant de la France la seule grande économie développée devant connaître un tel ralentissement.

Plusieurs facteurs

Le gouvernement attribue ce ralentissement à plusieurs facteurs, notamment la baisse des investissements, un été marqué par une grave sécheresse et une canicule qui ont pesé sur la production agricole, ainsi que la hausse des coûts énergétiques résultant de l’instabilité dans le détroit d’Ormuz. Alors que l’inflation est prévue à 2,1 pour cent cette année et à 1,8 pour cent d’ici 2027, la situation budgétaire reste tendue. Malgré des objectifs antérieurs de 4,7 pour cent et 5 pour cent, le ministre Lescure a admis qu’un déficit supérieur à 5 pour cent était désormais inévitable.

En réponse, le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a indiqué que 500 millions d’euros supplémentaires de dépenses avaient été supprimés, et que de nouvelles coupes étaient prévues pour financer l’aide d’urgence aux agriculteurs.

Répercussions politiques

Ce ralentissement économique coïncide avec une chute vertigineuse de la cote de popularité du président Emmanuel Macron. Des sondages récents indiquent que 66 pour cent de la population juge son bilan économique médiocre, le mécontentement étant particulièrement marqué chez les personnes âgées et les inactifs.

Ces problèmes sont encore aggravés par une hausse du taux de chômage, qui, selon les prévisions de l’Insee, devrait atteindre 8,6 pour cent d’ici la fin de l’année, et par une dette publique colossale s’élevant à plus de 3 500 milliards d’euros, soit environ 117 pour cent du PIB.

Propositions controversées sur la dette

Au cœur de cette crise, une proposition controversée du chef de file de l’opposition, Jean-Luc Mélenchon, visant à effacer la dette publique détenue par la banque centrale, a suscité une vive polémique. Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a qualifié ce projet d’annulation d’environ 500 milliards d’euros d’illégal et de périlleux, avertissant qu’il constituerait un défaut souverain et violerait les traités de l’UE.

Il a fait valoir qu’une telle mesure détruirait la confiance des investisseurs, ferait grimper les coûts d’emprunt et alimenterait l’inflation. Ce point de vue a été repris par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a qualifié cette idée de violation manifeste des traités.

Perspectives économiques à long terme

Alors que Mélenchon et ses alliés ont rejeté ces avertissements, les qualifiant de motivés par des considérations politiques, le gouverneur Moulin maintient que la situation de la France est préoccupante. Bien qu’il ait précisé que la France n’était pas actuellement confrontée à un effondrement à la grecque grâce à la diversification de son économie, il a averti que la stagnation de la croissance et la faible inflation du pays constituaient des tendances inquiétantes par rapport à ses homologues européens. (fc)

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