Les jeux en ligne sont utilisés pour financer le terrorisme, avertissent les experts


Principaux renseignements

  • Les plateformes de jeux en ligne et de jeux d’argent facilitent le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.
  • La croissance rapide du secteur dépasse actuellement la capacité de surveillance réglementaire traditionnelle.
  • Les criminels exploitent les actifs virtuels et le « smurfing » pour contourner les dispositifs de sécurité financière.

Le Groupe d’action financière (GAFI), une autorité internationale basée à Paris spécialisée dans la criminalité financière, a averti que les sites de jeux vidéo et de jeux d’argent en ligne sont en train de devenir des outils majeurs pour le financement du terrorisme et le blanchiment de fonds illicites.

Dans un rapport récent, cet organisme de surveillance a souligné que l’essor des plateformes offshore et non réglementées, qui recourent fréquemment aux paiements mobiles, aux monnaies virtuelles et aux portefeuilles électroniques, a introduit d’importantes vulnérabilités dans l’économie numérique.

La croissance rapide du secteur

L’ampleur du secteur connaît une croissance rapide ; une étude de H2 Gambling Capital suggère que d’ici 2029, les plateformes en ligne généreront plus de la moitié des recettes mondiales totales issues des jeux d’argent.

Cette expansion rapide a dépassé les mécanismes de surveillance actuels, car les cadres de conformité traditionnels conçus pour les casinos physiques s’avèrent souvent inefficaces face aux subtilités d’un écosystème numérique mondialisé et transfrontalier.

Identifier les signaux d’alerte

Pour lutter contre ces menaces, le GAFI a défini plusieurs signaux d’alerte à l’intention des forces de l’ordre et des organismes de régulation. Ces signaux d’alerte comprennent les comptes partageant des informations de paiement, les incohérences entre l’adresse IP d’un utilisateur et la localisation qu’il a déclarée, ainsi que les comptes caractérisés par des transferts de montants élevés accompagnés d’une activité de jeu réelle minime.

Giles Thomson, président du GAFI, a souligné que, sans mesures de protection rigoureuses, ces plateformes constituent des points d’entrée idéaux pour les organisations criminelles et les fraudeurs professionnels, et a appelé à une collaboration internationale renforcée pour cibler les opérateurs illégaux.

Les mécanismes du blanchiment d’argent

Le GAFI a spécifiquement souligné que les paris sportifs et les casinos en ligne sont particulièrement exposés au blanchiment d’argent. Les criminels recourent souvent au « smurfing », qui consiste à fractionner des sommes importantes en transactions plus modestes afin de contourner les seuils de déclenchement des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et de connaissance du client (KYC).

De plus, les hiérarchies d’entreprise complexes de certaines plateformes peuvent dissimuler des bénéficiaires effectifs liés à des organisations criminelles.

Outil de financement du terrorisme

À l’inverse, le rapport suggère que les environnements de jeux en ligne sont plus fréquemment exploités à des fins de financement du terrorisme. Se référant à une étude du groupe de réflexion britannique RUSI, le GAFI a expliqué que les extrémistes tirent parti des écosystèmes de jeux et des services de diffusion en direct pour lever des fonds.

Cela passe par la vente de jeux personnalisés promouvant des idéologies radicales, le commerce d’actifs et de monnaies virtuels, ou encore la sollicitation de dons lors de diffusions en direct.

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