Les cyberattaques ne sont pas un phénomène nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la vitesse à laquelle elles évoluent aujourd’hui. Grâce à l’intelligence artificielle, les cybercriminels peuvent personnaliser leurs campagnes de phishing, détecter automatiquement les vulnérabilités et adapter leurs attaques en permanence. Les systèmes de sécurité classiques, qui visent principalement à bloquer les intrus, ont de plus en plus de mal à suivre ce rythme.
La cybersécurité exige une nouvelle approche
Cette réalité modifie également le rôle de la cybersécurité. Alors qu’auparavant, tout tournait autour de la prévention, l’accent est aujourd’hui de plus en plus mis sur la résilience numérique. Car quelle que soit la solidité de la sécurité, aucune organisation ne peut plus garantir qu’elle ne sera jamais touchée. La question n’est donc plus de savoir comment prévenir chaque attaque, mais comment s’assurer que l’organisation reste opérationnelle lorsqu’une attaque se produit malgré tout.
Pour de nombreuses organisations, cela représente un changement radical. Les équipes de sécurité sont sous pression, les talents spécialisés restent rares et la complexité technologique ne cesse de croître. Parallèlement, il devient de plus en plus difficile de maintenir en interne l’ensemble des connaissances, des outils et des capacités nécessaires.
La Cyber Resilience as a Service
De plus en plus d’organisations vont donc au-delà de la cybersécurité classique et misent sur la cyber-résilience. Non pas parce que la prévention a perdu de son importance, mais parce qu’elle ne suffit plus à elle seule. La résilience numérique consiste de moins en moins à ériger des murs plus hauts et de plus en plus à conserver la capacité de rester opérationnelle lorsque ces murs sont tout de même franchis.
Cela explique également pourquoi la Cyber Resilience as a Service suscite un intérêt croissant. Les organisations prennent conscience qu’elles ne peuvent plus mener seules la course à l’armement technologique. En confiant la surveillance, la détection, la réponse aux incidents et la restauration des systèmes à des partenaires spécialisés, on aboutit à un modèle dans lequel la sécurité devient un service continu plutôt qu’un ensemble de produits ou de projets isolés.
L’accent passe ainsi de la technologie à la continuité des activités. Une usine peut-elle continuer à produire lorsque ses systèmes sont attaqués ? Une boutique en ligne reste-t-elle accessible ? Les collaborateurs peuvent-ils continuer à travailler en toute sécurité pendant la gestion d’un incident ? Telles sont aujourd’hui les questions qui préoccupent les dirigeants.
Le nouveau critère de réussite
Cette évolution exige également une nouvelle façon d’aborder la sécurité. La réussite d’une organisation n’est plus déterminée par le nombre d’attaques repoussées, mais par la rapidité avec laquelle elle gère un incident, se remet sur pied et peut poursuivre ses activités sans perturbations majeures.
C’est peut-être là le plus grand changement que l’IA apporte dans le domaine de la cybersécurité. Non pas que les attaques deviennent plus intelligentes – elles le sont déjà aujourd’hui –, mais parce que les organisations prennent conscience que la sécurité absolue est devenue une illusion. Les organisations qui feront la différence dans les années à venir ne seront donc pas nécessairement celles qui disposent des défenses numériques les plus solides, mais bien celles qui auront le mieux organisé leur résilience.
Jeroen Hagen, directeur commercial du groupe Data Center chez Lenovo Benelux
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