Principaux renseignements
- La Pologne vise à constituer l’armée la plus puissante d’Europe centrale au sein de l’OTAN d’ici 2030.
- De graves pénuries en matière de défense aérienne obligent l’Ukraine à compter sur les stocks fragiles de ses alliés.
- Lockheed Martin augmente la production de missiles PAC-3 pour répondre à la demande mondiale urgente.
Le Salon international de l’industrie de la défense (MSPO) de Kielce, en Pologne, est devenu le troisième plus grand événement européen dédié à la défense, ayant connu une croissance significative au cours des vingt dernières années. L’un des points essentiels abordés lors du salon est la grave pénurie de capacités de défense aérienne
Cette expansion est alimentée par l’ambition stratégique de la Pologne de mettre en place l’armée la plus puissante de la région d’Europe centrale au sein de l’OTAN. D’ici 2030, la Pologne prévoit de porter ses forces armées à 500 000 membres, dont 300 000 militaires d’active et 200 000 réservistes en état de haute disponibilité, soutenus par des unités médicales et informatiques spécialisées.
Pressions sur la sécurité régionale
L’importance de cet événement est encore amplifiée par le conflit en cours en Ukraine et l’agression historique de la Russie envers la Pologne.
Contrairement à des salons similaires qui ont lieu tous les deux ans, le MSPO se tient chaque année afin de répondre aux besoins immédiats en matière de sécurité engendrés par la guerre qui fait rage à proximité.
S’attaquer au problème
L’un des thèmes centraux du salon est la grave pénurie de capacités de défense aérienne, mise en évidence par les campagnes persistantes de tirs de missiles et de drones menées par la Russie contre les villes ukrainiennes. L’intercepteur PAC-3 MSE, utilisé par le système américain Patriot, est particulièrement vital car il constitue pratiquement la seule défense efficace contre les missiles balistiques russes.
Pour pallier ce déficit, l’armée américaine a récemment signé un contrat record avec Lockheed Martin. Ce contrat vise à faire passer la production annuelle d’environ 600 à 2 000 missiles d’ici 2030.
La lutte pour les munitions
La pénurie de ces armes a contraint le président Volodymyr Zelensky à solliciter les stocks existants d’autres pays utilisant le système Patriot. Parallèlement, l’armée de l’air ukrainienne a qualifié ses niveaux actuels de munitions de « rations de famine ».
Des porte-parole militaires ont indiqué que les représentants ukrainiens devaient fréquemment faire pression sur les groupes alliés pour obtenir de petits lots de seulement 5 à 10 missiles destinés à des systèmes tels que l’IRIS-T, le NASAMS et le PAC-3, afin de faire face aux taux de consommation élevés.
Les défis liés à l’augmentation de la production
Cette crise d’approvisionnement s’étend au-delà du système Patriot à d’autres moyens de défense ciblant les missiles de croisière et les drones à réaction. Par exemple, Diehl Defence a reconnu l’immense difficulté d’augmenter la production d’IRIS-T pour répondre à la demande croissante de l’Ukraine et de clients au Moyen-Orient.
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