Le Tribunal de l’UE maintient les sanctions à l’encontre de Roman Abramovich


Principaux renseignements

  • Le Tribunal de l’Union européenne a confirmé les sanctions à l’encontre de Roman Abramovitch.
  • Des holdings industriels dans les secteurs de l’acier et des mines financent le Kremlin.
  • Des preuves relient les entreprises d’Abramovitch à la production de chars russes.

Un arrêt récent du Tribunal de l’Union européenne a rejeté une nouvelle tentative juridique du magnat russe Roman Abramovich visant à lever les sanctions qui restreignent ses déplacements au sein de l’Union et gèlent ses avoirs. C’est ce que rapporte le Moscow Times.

La Cour a non seulement confirmé la décision du Conseil de l’UE de maintenir ces sanctions, mais elle a également rejeté la demande d’indemnisation financière d’Abramovich, estimant que les sanctions avaient été appliquées de manière proportionnée. Il s’agit de la troisième tentative judiciaire infructueuse du milliardaire pour faire annuler ces mesures, après deux échecs précédents fin 2023 et en septembre 2025.

Justification des sanctions

Alors qu’Abramovich affirmait être visé principalement en raison de sa forte notoriété publique, la justice n’a pas suivi cet argument. Au contraire, la cour a estimé que les sanctions étaient justifiées par ses participations importantes dans des entreprises russes influentes.

Plus précisément, elle a cité sa participation majoritaire dans le géant de la sidérurgie et des mines Evraz, ainsi que ses participations dans Norilsk Nickel, une source majeure de nickel et de palladium. La cour a souligné que ces industries génèrent des fonds considérables pour le Kremlin.

Liens avec le complexe militaro-industriel

Le lien entre les intérêts commerciaux d’Abramovich et l’effort de guerre russe a été au centre des préoccupations des régulateurs internationaux. Les autorités britanniques avaient précédemment affirmé qu’Evraz faisait partie intégrante du complexe militaro-industriel russe, laissant entendre que sa production d’acier pourrait servir à la fabrication de chars.

En mai 2022, le Royaume-Uni avait sanctionné directement l’entreprise, soulignant qu’Evraz contrôlait la quasi-totalité de la production ferroviaire russe et la grande majorité de ses roues de chemin de fer, deux éléments essentiels au transport des soldats et du matériel militaire vers le front.

Allégations concernant la fourniture d’acier

De nouvelles preuves de ces liens ont été révélées dans un rapport de 2022 de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, qui affirmait qu’une filiale d’Evraz avait fourni d’acier au constructeur de chars Uralvagonzavod dans le cadre d’un accord signé en 2018.

Malgré ces allégations, Evraz a toujours soutenu qu’elle ne fournissait pas les forces armées russes.

Impact sur le patrimoine personnel

Bien que le montant total des avoirs d’Abramovich gelés dans l’UE reste officiellement inconnu, certains rapports font état de pertes importantes.

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