Principaux renseignements
- Les Émirats arabes unis mettent en place de nouveaux corridors commerciaux pour contourner l’instabilité iranienne.
- Les États du Golfe doivent privilégier l’autonomie en matière de sécurité plutôt que la dépendance vis-à-vis de l’étranger.
- La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz reste une priorité.
Afin de préserver leur stabilité économique et leurs livraisons d’énergie face à l’instabilité liée au conflit entre les États-Unis et l’Iran, les Émirats arabes unis mettent en place de nouveaux corridors commerciaux.
Anwar Gargash, conseiller du président des Émirats arabes unis, a annoncé lors du Forum Hili à Abou Dhabi que le pays s’engageait à veiller à ce que ses intérêts commerciaux et ses exportations d’énergie ne soient pas compromis par les hostilités régionales.
Diversification des infrastructures commerciales
Pour atténuer ces risques, les Émirats arabes unis investissent dans l’extension de leurs ports de la côte est et construisent un réseau de voies ferrées et d’oléoducs afin de créer des alternatives viables aux itinéraires traditionnels.
Si Gargash a noté que les relations diplomatiques avec Téhéran pourraient finir par s’améliorer, il a toutefois averti que la confiance mutuelle, gravement ébranlée, pourrait mettre de nombreuses années à se rétablir. En outre, il a déploré l’absence de stratégie cohérente parmi les pays arabes du Golfe, suggérant qu’ils ont eu du mal à transformer leurs inquiétudes collectives en un plan défensif synchronisé.
Autonomie régionale
Des sentiments similaires ont été exprimés par Majed al-Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, qui a fait valoir que le fait de compter exclusivement sur un partenariat stratégique avec les États-Unis était insuffisant pour assurer la sécurité régionale.
Al-Ansari a souligné que les États du Golfe devaient s’efforcer d’atteindre l’autonomie en matière de sécurité. Gargash a abondé dans ce sens, notant que les six derniers mois de lutte avaient mis en évidence le danger d’une dépendance totale vis-à-vis des puissances étrangères, car les alliés extérieurs ne partagent pas toujours les mêmes priorités immédiates que le pays hôte.
La bataille pour le détroit d’Ormuz
La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz – artère vitale pour une part importante de l’énergie mondiale – a déclenché un ralentissement économique mondial et provoqué une flambée des prix des carburants.
Ce blocus reste un principal point de discorde dans les négociations menées sous médiation entre Washington et Téhéran. Alors que l’Iran affirme que cette voie navigable relève de sa juridiction et de celle d’Oman, les États du Golfe rejettent cette revendication. Gargash a soutenu que le droit à la libre navigation est un principe absolu qui ne peut faire l’objet d’aucune concession, insistant sur le fait que toute paix durable doit inclure des garanties fermes contre de futures attaques iraniennes.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

