Principaux renseignements
- Welink Energy Portugal a déposé le bilan avec une dette de 66,6 millions d’euros.
- La concurrence au sein du secteur de l’énergie solaire et des défaillances techniques ont sonné le glas du modèle économique non subventionné.
- Les liquidateurs recherchent désormais des repreneurs, tandis que la production d’électricité se poursuit.
L’exploitant de la centrale Solara4, la plus grande centrale solaire non subventionnée du Portugal, a déposé le bilan. Située à Alcoutim, en Algarve, la centrale appartient à la société britannique Welink Energy Portugal 2 UK Limited, qui a été placée sous administration judiciaire avec une dette totale d’environ 66,6 millions d’euros. C’est ce qu’indique Brussels Signal.
Cet effondrement financier fait suite à une série de revers, notamment des pannes techniques, une production d’énergie inférieure aux prévisions et une baisse des tarifs de l’électricité sur le marché.
Un modèle économique sous pression
Lancée en 2021, la centrale s’étend sur 320 hectares et utilise plus de 660 000 panneaux pour atteindre une capacité de 220 MW. Contrairement à de nombreux projets similaires, Solara4 fonctionnait sans subventions publiques, s’appuyant plutôt sur un accord de prix fixe de 20 ans conclu avec Audax Renovables.
Cependant, ce modèle s’est avéré non viable, la péninsule ibérique ayant connu une forte augmentation de la capacité solaire, entraînant une « cannibalisation solaire », un phénomène par lequel une offre excédentaire d’énergie solaire aux heures de pointe fait chuter les prix de gros à zéro, voire à des niveaux négatifs.
Pannes techniques
Des audits internes réalisés par BDO ont en outre révélé que la centrale ne parvenait systématiquement pas à atteindre le rendement énergétique prévu. Cette pression financière a été aggravée par des crises opérationnelles, notamment des pannes au niveau des onduleurs et plusieurs incendies, qui ont fait grimper les coûts de maintenance et entraîné des temps d’arrêt considérables.
Par ailleurs, un conflit juridique a éclaté avec l’entreprise de construction China Triumph International Engineering (CTIEC). Après la résiliation de leur contrat en mai 2023 en raison de désaccords concernant le paiement et la qualité, CTIEC a déposé une demande d’arbitrage pour un montant d’environ 143 millions d’euros, somme que le groupe Welink conteste.
Incertitude pour les créanciers
Les principaux créanciers, parmi lesquels Kommunalkredit Austria et Investec, sont confrontés à des recouvrements incertains portant sur environ 64 millions d’euros de prêts de premier rang.
Malgré la faillite, la centrale continue de produire de l’électricité. Les administrateurs judiciaires actuels s’efforcent de maintenir l’exploitation, tout en évaluant les mises à niveau nécessaires pour rendre l’actif attractif aux yeux d’acheteurs potentiels. Le contrôle est passé de Welink à l’exploitant Exus, Enertis apportant son soutien technique.
Projets d’extension sont au point mort
Dans une dernière tentative pour stabiliser le projet, Welink a proposé de transformer le site en un pôle diversifié dédié aux énergies renouvelables. Le plan pour 2024 visait à porter la capacité de l’installation au-delà de 600 MW en y intégrant des éoliennes et un système de stockage par batterie de 100 MW afin d’atténuer l’impact de la volatilité des prix.
Ces ambitions sont toutefois actuellement au point mort, car l’Agence portugaise de l’environnement examine toujours l’impact environnemental de l’extension proposée de 165 MW d’énergie éolienne. (lv)
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