Jaguar Land Rover va supprimer 4 000 emplois en raison de difficultés financières


Principaux renseignements

  • Jaguar Land Rover supprime 4 000 emplois pour faire face à la baisse des ventes et à la hausse des coûts.
  • Les pertes financières et les droits de douane américains ont contraint Tata Motors à prendre des mesures d’austérité drastiques.
  • Cette réduction d’effectifs menace l’objectif du gouvernement britannique de redynamiser l’industrie nationale.

Confronté à une forte baisse des ventes et à une escalade des coûts, Jaguar Land Rover s’apprête à supprimer 4 000 emplois, selon The Times.

Le plus grand constructeur automobile du Royaume-Uni devrait confirmer officiellement ce vaste programme de licenciements lundi ; les mesures d’économie seront mises en œuvre progressivement sur une période de deux ans. Les employés ont été informés vendredi de cette nouvelle à la suite de questions posées par la presse.

Conséquences pour l’industrie britannique

Cette réduction constitue un revers de taille pour le Premier ministre britannique Andy Burnham, qui a récemment mené campagne avec un programme visant à redynamiser l’industrie britannique.

Jaguar Land Rover est un employeur essentiel, avec 34 000 salariés directs dans le Merseyside et les West Midlands, tandis que l’entreprise soutient en outre 120 000 emplois au sein de son réseau national de sous-traitance.

Difficultés financières

L’entreprise est actuellement confrontée à plusieurs revers financiers. Les derniers rapports trimestriels font état d’une baisse du chiffre d’affaires de près de 10 pour cent, tandis que le bénéfice avant impôts a chuté de plus de 66 pour cent pour s’établir à 109 millions de livres sterling (126,7 millions d’euros).

En conséquence, Tata Motors, la société mère indienne, a fait pression sur le directeur général de JLR, PB Balaji, pour qu’il mette en œuvre des mesures strictes de réduction des coûts. Balaji, ancien directeur financier chez Tata, avait été nommé l’année dernière précisément pour resserrer la gestion financière de l’entreprise.

Des vents contraires à l’échelle mondiale

Les pressions externes ont encore davantage déstabilisé le constructeur automobile. Un droit de douane de 10 pour cent instauré par Donald Trump a gravement affecté l’Amérique du Nord, qui constitue le principal marché de JLR et représente près d’un tiers de ses ventes.

De plus, l’entreprise se remet encore d’une cyberattaque dévastatrice survenue l’année dernière, qui a paralysé ses opérations mondiales pendant plusieurs mois.

Constructeurs automobiles européens sous pression

JLR n’est pas le seul à connaître ces difficultés, car les constructeurs automobiles européens sont confrontés à une crise plus générale, attisée par l’émergence de concurrents chinois proposant des véhicules abordables. Ainsi, Volkswagen a récemment entamé sa plus grande restructuration depuis près d’un siècle, avec la suppression de 50 000 emplois.

Tata conserve une forte présence au Royaume-Uni

Malgré ces mesures d’austérité, JLR reste un élément central de la présence du conglomérat Tata au Royaume-Uni.

Parmi les autres activités de Tata, on peut citer l’usine de batteries d’Agratas dans le Somerset, les contrats publics via Tata Consultancy Services et une transition à grande échelle vers la production d’« acier vert » dans l’usine de Port Talbot.

Stratégie de survie

Dans un communiqué, JLR a expliqué qu’elle devait s’adapter pour survivre à l’évolution de la dynamique du marché mondial. L’entreprise vise à réaliser environ 1,7 milliard de livres sterling (2 milliards d’euros) d’économies au cours des deux prochaines années et à abaisser son seuil de rentabilité à 300 000 unités.

Pour atteindre ces objectifs, elle donne la priorité à la simplification organisationnelle et à l’efficacité opérationnelle, en commençant par un programme de départs volontaires destiné aux cadres et aux salariés. (lv)

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