Principaux renseignements
- Des milliers de chauffeurs Uber européens poursuivent Uber en justice en raison d’un système de rémunération algorithmique qui, selon eux, entraîne une baisse de leurs revenus.
- Les mécanismes de tarification dynamique auraient réduit les revenus des chauffeurs de plusieurs milliers d’euros par an.
- Les plaintes judiciaires accusent également Uber d’avoir illégalement transféré les données des chauffeurs aux États-Unis à des fins d’apprentissage automatique.
Une action collective a été engagée devant un tribunal d’Amsterdam par des milliers de chauffeurs Uber à travers l’Europe. Représentés par Worker Info Exchange International (WIE), les plaignants – originaires de Roumanie, de Pologne, d’Allemagne, de France, de Royaume-Uni et de Belgique – affirment que la société américaine de VTC a utilisé des mécanismes de tarification dynamique pour réduire les revenus des chauffeurs et a enfreint la réglementation en matière de protection de la vie privée.
Baisses de salaire algorithmiques
Le WIE a déclaré que cette action en justice visait à mettre fin aux réductions salariales algorithmiques et à obtenir des réparations pour les travailleurs concernés.
Selon l’organisation, des modifications subtiles apportées à la structure tarifaire depuis 2020 ont permis à Uber d’augmenter ses commissions non divulguées, captant parfois près de 50 pour cent du montant total de la course, tout en transférant les risques financiers aux chauffeurs.
Quantification de la perte financière
Les données fournies par le cabinet de conseil Oxera corroborent ces allégations, indiquant que la tarification dynamique – où les coûts fluctuent en fonction de la demande – a eu un impact significatif sur les revenus.
Au Royaume-Uni, environ 66 pour cent des chauffeurs ont vu leurs revenus annuels baisser de 5 337 £ en moyenne. De même, 48 pour cent des chauffeurs néerlandais ont subi une perte annuelle moyenne de 7 500 euros.
Utilisation abusive des données
Au-delà des litiges financiers, le recours accuse Uber d’avoir mal géré les informations personnelles. WIE International affirme qu’entre août 2021 et novembre 2023, l’entreprise a transféré illégalement des données de chauffeurs vers les États-Unis et les a utilisées à des fins d’apprentissage automatique sans autorisation.
Litiges en cours
Uber ayant établi son siège européen aux Pays-Bas, la procédure judiciaire a été engagée dans ce pays. Bien que l’entreprise n’ait pas encore répondu à cette action en justice spécifique, elle conteste actuellement une amende récente de 825 millions d’euros infligée par l’autorité néerlandaise de protection des données concernant la gestion des comptes des chauffeurs.
(at)
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