Les taux d’intérêt des obligations d’État japonaises atteignent leur plus haut niveau depuis près de 30 ans


Principaux renseignements

  • Le taux d’intérêt des obligations d’État japonaises à 10 ans a atteint 3 pour cent, son plus haut niveau depuis près de 30 ans.
  • Les hausses de taux anticipées de la Banque du Japon sont à l’origine de cette flambée.
  • Les responsables américains font pression sur le Japon pour qu’il resserre sa politique monétaire afin de stabiliser le yen.

Pour la première fois depuis près de trois décennies, le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a grimpé à 3 pour cent. Cette hausse rapide s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : la hausse de l’inflation, les inquiétudes concernant les dépenses publiques et la forte anticipation d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque du Japon (BOJ) lors de ses prochaines réunions des 17 et 18 septembre.

Changements de politique

La volatilité ne se limite pas à la dette à long terme. Les obligations à court terme atteignent également des niveaux critiques, les rendements à 5 ans enregistrant des records historiques et ceux à 2 ans touchant leur plus haut niveau depuis plus de 30 ans.

Cette tendance s’est accélérée sous le mandat de la Première ministre Sanae Takaichi, dont la préférence pour une expansion budgétaire depuis octobre dernier est considérée par certains investisseurs comme risquée sur le plan financier.

Après être déjà passée de près de zéro à 1 pour cent grâce à une série de hausses en décembre et en juin, la Banque du Japon (BOJ) devrait, selon les prévisions générales, relever encore ses taux à 1,25 pour cent, ce qui signifierait un resserrement substantiel de la politique monétaire en l’espace de neuf mois.

Marché obligataire mondial sous pression

Cette évolution nationale reflète une tendance mondiale plus large marquée par une vague de ventes de dette publique.

Les rendements mondiaux ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2008, sous l’effet de la flambée des prix du pétrole et des signaux de resserrement émis par la Réserve fédérale américaine. Plus précisément, les bons du Trésor américain à 30 ans connaissent leur plus forte baisse depuis 2006, contribuant à un climat général de hausse des coûts d’emprunt dans les principales économies.

Pressions américaines en faveur d’un resserrement monétaire

Dans ce contexte d’instabilité, les États-Unis ont joué un rôle actif en exhortant le Japon à resserrer sa politique monétaire. Lors d’une réunion du G20 en Caroline du Nord, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a publiquement plaidé en faveur de mesures visant à renforcer le yen, laissant entendre que la Banque du Japon (BOJ) devrait relever ses taux.

Bessent a explicitement déclaré aux responsables japonais, notamment au gouverneur Kazuo Ueda et à la ministre des Finances Satsuki Katayama, qu’une hausse des taux était la prochaine étape nécessaire pour garantir la viabilité des finances publiques.

Réaction prudente du Japon 

Le gouvernement japonais a toutefois réagi avec plus de prudence. La ministre des Finances Katayama a laissé entendre que les discussions portaient davantage sur la stabilité générale des marchés mondiaux que sur des orientations spécifiques en matière de taux d’intérêt. Alors qu’un haut responsable du ministère des Finances a affirmé que la Banque du Japon agissait en toute indépendance en se basant sur les données économiques nationales plutôt que sur les pressions américaines, Washington reste focalisé sur la valeur du yen.

Stabilité monétaire

Alors que la devise oscille autour de 160 pour un dollar – un seuil critique pour une éventuelle intervention sur les marchés – , Bessent a indiqué que des hausses de taux, plutôt qu’une ingérence directe sur les marchés, constituaient la solution idéale pour stabiliser la devise.

(at)

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