La guerre avec l’Iran affaiblit la position militaire américaine dans le Pacifique


Principaux renseignements

  • Le conflit avec l’Iran épuise des stocks cruciaux de munitions et de systèmes de défense aérienne.
  • Le détournement de ressources entraîne de dangereuses failles de sécurité dans toute la région du Pacifique.
  • La préparation militaire américaine à long terme est mise à mal par des objectifs à court terme.

Le gouvernement Trump est arrivé au pouvoir en promettant de redynamiser la défense américaine grâce à une philosophie de « réalisme flexible ». Ce cadre visait à recentrer l’attention sur la Chine, à accroître les contributions des partenaires internationaux et à revoir à la baisse les objectifs militaires trop ambitieux des dernières décennies, afin de mieux aligner les engagements sur les ressources disponibles.

Cependant, après six mois d’un conflit imprévu avec l’Iran, le gouvernement semble justement saper les avantages militaires qu’il prétendait protéger.

Épuisement des réserves essentielles

Bien que les États-Unis restent la puissance militaire dominante au niveau mondial, leur capacité opérationnelle est compromise. Les hostilités avec l’Iran ont épuisé des stocks essentiels d’armes de précision à longue portée et mis à rude épreuve les stocks de systèmes de défense aérienne THAAD et Patriot.

Bien que le gouvernement encourage les entreprises du secteur de la défense à augmenter leur production, les défaillances structurelles au sein de la base industrielle de défense font que le redressement prendra des années.

Puissance militaire américaine réduite dans le Pacifique

Cette pression opérationnelle entraîne des vulnérabilités dans d’autres régions stratégiques. La nécessité de déplacer l’USS George Washington vers le Moyen-Orient pour remplacer l’USS Abraham Lincoln, surchargé, a laissé le Pacifique sans porte-avions, un vide dangereux compte tenu de l’agressivité croissante de la Chine envers les Philippines, Taïwan et le Japon.

De même, le détournement des systèmes THAAD de la Corée du Sud vers le Moyen-Orient a affaibli la posture de défense d’un allié clé.

De mauvaises priorités

Bien que certaines pénuries de ressources résultent d’un sous-investissement chronique, la crise actuelle est avant tout un échec stratégique. Un véritable réalisme exige un inventaire précis des ressources limitées et une évaluation claire des intérêts nationaux qui justifient leur utilisation.

Si la Chine constitue effectivement la principale menace à long terme, le gouvernement n’a pas su expliquer pourquoi une guerre facultative contre l’Iran justifierait l’épuisement des ressources et des effectifs nécessaires à la région indo-pacifique.

Sacrifier les capacités futures

La véritable puissance stratégique ne réside pas uniquement dans la capacité à remporter un conflit actuel. Il s’agit également d’y parvenir sans sacrifier les capacités nécessaires aux guerres futures.

En épuisant ses réserves et en poussant le déploiement de troupes dans une région qu’il considérait auparavant comme secondaire au-delà des limites supportables, le gouvernement gaspille la supériorité militaire dont il a hérité.

Manque de transparence

Il existe un grave manque de transparence concernant ces considérations. Si le président américain a l’intention de donner la priorité à l’Iran plutôt qu’à l’Europe ou à l’Asie, ou s’il considère l’absence d’un porte-avions dans le Pacifique comme un risque acceptable, ces décisions doivent être explicitement justifiées.

Au lieu de cela, l’approche actuelle se caractérise par la confusion plutôt que par un plan mûrement réfléchi.

Fragilité industrielle et mauvaise gestion

En déclenchant un conflit à grande échelle tout en sachant que la base industrielle était vulnérable, et en ignorant l’impact qu’une telle démarche aurait sur la préparation opérationnelle mondiale, le gouvernement affaiblit activement les forces armées.

Cette mauvaise gestion considère la pression qui en résulte sur les militaires et le matériel comme une question secondaire.

Risque de faillite

La résilience de l’armée n’est pas infinie. À l’instar d’une entreprise qui fait faillite en raison d’une mauvaise évaluation chronique des risques, une armée peut faire faillite par incompétence.

Contrairement à une entreprise, une nation ne peut toutefois pas se prévaloir d’une protection juridique dès que ses capacités de défense sont épuisées ; elle se retrouve confrontée à la dure réalité de l’histoire géopolitique.

La mesure ultime du succès

En fin de compte, les promesses d’une politique étrangère plus réaliste et d’une armée plus puissante sont restées lettre morte. La véritable mesure du succès de cette administration ne sera pas une victoire de justesse en Iran, mais la capacité des États-Unis à conserver la flexibilité et la force nécessaires pour relever les défis de l’avenir. (lv)

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